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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 11:27
Dove Allouche

Dove Allouche

Si demain s'abîme

faut-il le réparer

l'oublier

 

perdues

ta mine mutine ta ferveur

on se terre on se crève les yeux

 

pourquoi

oublier de ne pas nourrir les monstres 

de mon aveuglement peureux

 

pétrifiée

 

je préfère traîner

dans les rêves la barbapapa les bulles la forêt des contes les boucles d'or

 

ne pas voir

les petites lumières qui crient

à l'aide et s'éteignent de nos absences

 

où es-tu

 

tu t'enfonces dans tes ronflements

inerte et mou

 

Quel baiser

pour te réveiller avant

 

 

Published by bergamotte et cardamone
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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 13:31
Anselm Kiefer

Anselm Kiefer

Je te vois je te rêve

dans la frêle lumière de mes mirages internes

tu souffles sur ma peur

l'amour me monte aux lèvres

et je sais que ça va

je m'élance

et puis ça recommence

je glisse et je la perds

la vie immense

et tu me casses les pieds

et mes rêves en ruines

tes soupirs les balaient

trop de poussière

trop de ménage

d'ennui j'étouffe j'enrage

la vie reprend sa cage

dans les ruines des rêves

ça pousse

la vague vie s'enfièvre et s'enhardit s'étend

te revoilà ça m'émerveille tu sais

j'essaie l'envol

je tombe dans la joie

c'est ça

il n'y a plus qu'à rester là

mais

ça tournoie

l'instant casse ça me lasse

je glisse...

Published by bergamotte et cardamone
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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 20:47
Roa
Roa

Comme le crocodile de Roa

s'allonger

- laisser tomber? -

juste un instant

à l'abri du mur

l'esprit flottant

durer

dans la douceur

du laisser faire

la misère

la guerre

tu agonises

ne rien entendre

se laisser vendre

veule

fermer sa gueule

s'enivrer de beauté

dans un frisson de soie

d'une rose qui fanera

capituler

inspir expir

oubli du pire

aveuglée

mes mots morts

foule conforme

consomme

confuse

complice

âme nécrosée

on s'abandonne

papillonne

sans passion à reculons

vers un bûcher

de rêves cassés

Tant pis

je m'envole

avec toi

tu ris

mon amour toujours

tenus par le fil

d'un rêve stérile

caresse de vent

parfum de printemps

tout va bien

je ne vois rien

un noeud coulant

autour du cou

comme un bijou

brillant

lentement

se resserre

on laisse faire

Published by bergamotte et cardamone
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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 15:14
Je vous souhaite....

Que l'année 2016 souffle sur vos vies une pluie de bonnes et douces choses! Qu'elle soit pacifique, harmonieuse, heureuse, pour vous, vos proches, les lointains, les inconnus, les invisibles....Bref que les quelques grammes de douceur dans un monde de brutes ne nous suffisent plus et que nous trouvions du bien être à profusion pour tout le monde! Bonne année 2016!

Bien amicalement.

Bergamotte.

Published by bergamotte et cardamone
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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 08:43
Chiharu Shiota

Chiharu Shiota

Robe blanche

Fleur flottante

sous ses plis s'agitent des rêves

aux frissons de fleurs un peu mièvres

- le parfum de l'ange passe

ce goût de ciel est-ce une impasse

Bête araignée du quotidien

patiente guerrière du mesquin

sans bataille

tout s'emmêle

baisse les bras baisse les ailes

et la Merveille s'ensommeille

Published by Cardamone - dans Poésie
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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 13:15
Fabienne Verdier

Fabienne Verdier

C'est au printemps que c'est le plus dur. En hiver, les gens supportent mes vagues de tristesse, mes brumes de mal-être, malgré les intimations à la positive attitude, je suis en harmonie avec les autres et l'univers. Mais quand pointent les premiers beaux jours, quand Francesco fait exploser la beauté des arbres en fleurs aux yeux de tous, plus personne ne comprend ma mine grise. Je me mets à rêver de pays merveilleux où jamais il ne fait beau, il me semble que ma misère serait moins pénible sous la pluie -mais la petitesse du chiffre inscrit au bas de ma fiche de paie met le holà à mes rêves de lointains sans couleurs et je reste ici avec mes idées noires.

Le plus souvent, je ferme mes volets et je m'installe dans mon pauvre vieux fauteuil marron labouré par les griffes du chat avec un livre bien plombant. Mais ce jour-là, j'avais fini Beloved et je n'avais plus rien de déprimant à lire. Plus de cigarettes non plus. Pas le choix, je devais affronter l'agressivité des rayons du soleil, la vulgarité des parterres de tulipes multicolores et le sourire niais des promeneurs.

A la médiathèque je dénichai un livre au titre prometteur, Un monde sans oiseaux, j'évitai la jolie robe à fleurs de la bibliothécaire aux mèches rousses belles et rebelles grâce à l'utilisation d'un automate de prêt indifférent à la lumière du printemps et me dirigeai à grands pas vers la sortie.

Je remarquai quelques gros nuages noirs réconfortants dans le ciel et les saluai fraternellement. Finalement cette journée serait peut-être moins mauvaise que je ne l'avais craint.

Une pluie battante s'abattit effectivement avec frénésie sur les passants qui coururent se réfugier sous les abris les plus proches. Je restai seul et presque ravi sous la pluie.

Pas tout-à-fait seul.

Un peu plus loin sur le trottoir une jeune femme marchait comme au rythme de pensées mystérieusement mélancoliques, je crois bien qu'elle ne se rendait même pas compte qu'il pleuvait, elle marchait comme une princesse de conte de fées, comme si elle n'appartenait pas vraiment à ce monde, comme nimbée d'une aura de tristesse qui m'aimantait. En m'approchant, je remarquai que ses larmes se mêlaient à la pluie, et j'en ressentis une drôle d'émotion.

Je regrettai amèrement de ne pas avoir pris de parapluie, histoire de lui faire le coup du petit coin de paradis. Faute de mieux, je lui proposai un mouchoir. Et je lui demandai si par hasard elle n'aurait pas un sac en plastique pour arrêter l'inondation du Monde sans oiseaux.

Elle n'en avait pas mais elle le mit dans son sac à main en proposant de m'accompagner jusqu'à ma porte, elle n'avait rien à faire de mieux, elle venait de postuler à un poste qu'elle n'aurait pas, elle avait eu un concours pour travailler dans une bibliothèque, mais avec les non-remplacements des départs à la retraite, les postes étaient rares et les postulants nombreux.

Je cherchais un sujet plus léger pour lui changer les idées, je lui parlai avec enthousiasme de mes plus chères lectures, son doux sourire liquide m'encourageait. D'un air songeur elle déclara:

"Moi aussi j'aime les histoires sombres. C'est si beau la tristesse dans les livres que ça console de la laideur du monde."

Elle parlait si bien des romans tristes que je l'écoutais avec ravissement. Je m'étais rarement senti si bien. J'allais l'inviter à monter s'abriter chez moi. Je préparai mes mots dans ma tête, nous n'étions plus qu'à deux pas de mon immeuble. Ma gracieuse et ruisselante compagne d'averse leva alors la tête vers le ciel et constata:

"La pluie s'arrête. Je vous rends votre livre. Merci pour ce moment, ça m'a fait du bien de parler avec vous, comme un petit rayon de soleil dans la grisaille."

Et elle s'éloigna vers l'arc-en-ciel qui se dessinait timidement au-dessus de la ville.

Croyez-moi, c'est très surfait les arcs-en-ciel.

Published by Cardamone - dans Contes et histoires
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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 09:50
La fille magique.

Le premier jour, quand le tram s’est arrêté, ses deux portes bien en face d’elle, j’ai juste levé un sourcil et je n’ai rien dit…Mais le lendemain lorsque la voix dans le haut parleur à susurrer « Porte Dunoise » et que Ping ! ça a recommencé et les portes se sont ouvertes comme pour lui faire honneur…Là, mon sang n’a fait qu’un tour. Il y avait un truc louche, pas banal, inhabituel, qui se passait avec cette fille. Alors j’ai commencé à l’observer. Elle était fort subtile, et pour percer à jour cette mystérieuse, il m’a fallut du temps car tout le monde semblait indifférent à ce qui émanait d’elle. Rien que cela, ça prouvait qu’elle était étrange. Un jour , j’ai déboulé dans la rame comme un bouchon de champagne que l’on fait sauter, les cheveux collés à la figure, et les vêtements à deux doigts de s’intégrer à mon épiderme tellement ils étaient trempés. Le temps de me rétablir, je lève les yeux et qui est là paisible, plongée dans sa lecture ? la fille. Dehors, la pluie n’en finissait pas de pleurer sur tout le monde, les parapluies s’en retournaient, les chaussures giflaient les flaques, et elle…un petit sourire fin sur les lèvres tournait comme on manipule une plume, les pages de son petit livre. Et soudain, le comble, dehors la pluie cesse aussi brutalement qu’elle a commencé. Les nuages s’écartent, et un faisceau de lumière perce leur noirceur, et vient directement caresser la vitre contre laquelle la fille est appuyée. Cela fait comme le halo d’un projecteur pointé sur elle, et on ne voit plus qu’elle, que sa peau blanche, et ses doigts tournant les pages et sa tête inclinée vers son livre. Je me tourne pour prendre à témoin quelqu’un autour de moi, mais les uns reprennent leurs souffles, les autres dodelinent de la tête une chanson aux bords des yeux, tandis que plus loin on donne toute son énergie à la rédaction d’un « je rentre de suite » vital…Personne en tous cas ne voit ce qui se passe. Quand elle descend, le temps est redevenu doux, mais moi je brûle de savoir le pourquoi du comment. J’ai manqué mon arrêt mais tant pis je dois savoir ! Alors, je la suit et je sais très vite que j’ai raison. Qui peut marcher sur un triste trottoir goudronné et voir les pétales des fleurs des arbres tourbillonner comme à une fête folle dans son sillage ? Qui peut poursuivre sa lecture et traverser la rue au feu vert en ayant ainsi pas besoin de lever le nez de la ligne entamée ? J’étais dans la boulangerie quand elle est rentrée, elle n’a rien dit juste sourit à la boulangère qui lui a remis enchantée une baguette de pain blonde et chaude, en lui souhaitant une bonne soirée. Un dixième de seconde après, c’est cette même boulangère qui m’assène un froid « et pour Madame ça sera ? » qui me laisse bouche bée, soufflée et sans pain. Plus tard quand elle décide d’aller au cinéma je lui emboîte le pas. Elle se range en file avec les autres et l’attente commence. Puis je la vois lever le menton et se hausser sur la pointe des pieds, dardant un regard interrogateur vers le type de la sécurité qui aussitôt se met à dire bien fort le titre d’un film. Un mouvement dans la file on s’entre regarde pour savoir qui veut de ce titre là, et on s’écarte pour laisser passer, cette seule et unique même fille qui de son pas calme et joyeux s’avance… A la nuit tombée, elle reprend sa déambulation dans les rues, il est 22h passé, elle est toujours aussi fraîche, tout juste si une petite mèche s’échappe de son chignon. Elle marche sans faire de bruit, rapide . Elle s’engage sur le pont Georges V, comme si elle s’élançait sur scène. Sa main sautille sur le parapet de pierre, tandis que la Loire, j’en suis certaine lui chante quelque chose de spéciale en clapotant d’une manière inédite et heureuse. J’en ai assez vu, j’ai envie de l’attraper par les ailes qu’elle n’a pas, pour la scruter et découvrir sa magie. Comme elle s’éloigne je note que les lampadaires brillent quand elle passe, puis clignote et s’éteigne lorsque je suis en dessous. Je lève la tête pour gronder l’un d’entre eux…Belle erreur ! quand je veux de nouveau suivre la fille, elle a disparu. Je cherche partout autour de moi, j’ai presque envie de pleurer, la fille magique s’en est allée dans la profonde nuit étoilée !

Bergamotte

Published by bergamotte et cardamone
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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 19:20
En faire toute une histoire

Il y avait du chaotique en elle. Les coupe-gorges, les rues mal famées de la vie humaine, elle avait dû un peu trop s'y attarder, elle en gardait une cicatrice au fond du regard. Ce n'était pas laid, certains y trouvaient un charme comme au parfum d'aventure des blessures de pirates.

Elle avait souvent l'air de s'absenter du monde, de ne pas vouloir trop y toucher, comme si c'était un peu répugnant, que ce n'était pas là qu'elle pourrait vivre son histoire.

On avait l'impression qu'elle marchait sur un fil,entremêlant à chaque pas une fragilité palpable à une sorte de force lumineuse. Elle joue au petit oiseau blessé, disait Véra, sa chef, qui trouvait par conséquent de son devoir de la secouer, la brusquer, la malmener, histoire de lui rappeler que le réel était bien réel.

Après le travail, Line allait respirer l'air du soir dans le petit parc Martin Luther King, elle retrouvait Albert et lui confiait sa fatigue, puis dérivait avec lui loin de Véra, des brimades hiérarchiques et autres soucis d'ici-bas. Albert avait passé plusieurs années à l'ombre, et son truc à lui pour tenir, c'était de s'inventer des histoires, parfois un peu brutales mais qui ne manquaient jamais de souffle. Line écoutait en rêvant, rentrait chez elle et écrivait l'histoire d'Albert à sa façon, pour ne pas qu'elle se perde, pour la relire plus tard et aussi pour ne pas passer la soirée à penser à Véra.

La petite chef était exaspérée:"Tu peux lui dire ce que tu veux, ça glisse sur elle, elle est ailleurs, je ne sais pas pourquoi je me fatigue à lui adresser la parole." Les collègues l'évitaient, sans trop de méchanceté, juste de peur d'être contaminés.

Face à son absence de réaction, Véra était bien obligée de pousser le bouchon un peu plus loin, et ça ne l'amusait pas, n'eût été l'inaltérable passivité de Line, elle aurait pu craindre d'être accusée de harcèlement.

Un jour Albert décréta "Il faut faire quelque chose là, Line, elle va trop loin."

C'était tentant. Albert avait de très mauvaises fréquentations qui trouveraient assez divertissant d'inculquer à Véra les bonnes manières. Mais Line murmura "Je préfèrerais une histoire".

Alors Albert inventa de flamboyants récits revanchards, Line était son héroïne, Véra son punching-ball. Ce fut une période de grand bouillonnement créatif pour lui, sa verve narrative atteignait des sommets - c'était l'équilibre mental de son amie qui était en jeu. Line était admirative "Albert, c'est trop fort, on ne peut pas garder ça pour nous"

Il n'était pas convaincu mais accepta d'élargir son auditoire à quelques amis choisis, qui partagèrent l'enthousiasme de Line. Il s'avéra qu'ils croisèrent "par le plus grand des hasards", dirent-ils à Albert, le responsable d'une grande maison d'édition au fond d'une petite ruelle sombre, où ils le persuadèrent sans trop d'effort qu'un ancien taulard écrivain, c'était plutôt vendeur, et qu'une publication serait en l’occurrence bien meilleure pour sa santé qu'un refus. Le tapuscrit étant excellent, le responsable de la grande maison d'édition ne vit aucune raison de faire d'histoires. C'est ainsi que grâce à Véra, leur muse, Albert et Line devinrent les prestigieux auteurs d'indémodables best-sellers.

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 20:59
Alain Kleinmann

Alain Kleinmann

Au fatras de fadeur

à la suie des rancoeurs

elle offrit une chanson rêveuse

rognée par les ombres

des remous de mélancolie

des coulures de berceuses

pour aérer l'espace sombre

d'où suinte une odeur de moisi

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 11:17
Cy Twombly

Cy Twombly

Il y avait un ravin au bout du jardin derrière les oeillets. Des oeillets rouges comme les incendies.

Il y avait une vieille femme dans le corps de l'enfant qui attendait son heure

Une bête terrifiante sous une chevelure blonde un morceau de fer dans le coeur

Et puis des murs sans joie durs coupants et froids des fantômes furieux y errent et s'effilochent

Mais il y avait l'espoir mordant à pleines dents la mordorure des mots

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