Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Seigneur des porcheries - Tristan Egolf

2 Juin 2018 , Rédigé par Cardamone Publié dans #Lu

 

Scotchée par ce récit de la vie de John Kaltenbrunner et de la grève sordido-épique du ramassage des ordures, de cette « crise » qui agit comme un révélateur de l'immense saleté, de la folle laideur d'une société nauséabonde.
John est un personnage extraordinaire, seigneur de parias, damné de la terre, dont la «vie tout entière resta par définition un incroyable enchaînement de coups de poisse». Exceptionnellement maladroit et inapte pour les nécessités et exigences de la vie quotidienne, Kaltenbrunner se révèle carrément surdoué quand il se met une idée en tête, quand il se trouve une vocation, et certains le considèrent comme un «pur exemple de royauté en exil» et un «antidote dernier cri contre la folie ordinaire ».
J'ai été impressionnée par le style flamboyant, l'énergie révulsée avec lesquelsTristan Egolf décrit l'abjecte petite ville de Baker et sa population affreuse, sale et méchante, grouillant de « patriotes sectaires qui verraient volontiers tous leurs voisins bien-aimés se balancer au bout d'une cravate en fil de fer, pendus aux réverbères tout au long de la route du boulot. C'est le pays des autocollants "Jésus est parmi nous !" sur les râteliers à fusils ». Il y a quelque chose de cauchemardesque, d'halluciné, dans cette peinture d'une Amérique des profondeurs, une touche d'irréel et d'outrance enchevêtrés au réel et révélateurs de vérités profondes peu reluisantes qui nous éclatent à la figure. 
Ça décoiffe, ça époustoufle, c'est à lire!

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

In the Mirror 03/06/2018 21:35

La sordidité d'un monde où la société n'existe plus que par chacun pour soi.
Merci pour ce résumé.

almanito 02/06/2018 16:38

Cela pourrait aussi bien se dérouler chez nous, nos poubelles ressemblent à notre égoïsme, notre cruauté et à nos pensées nauséabondes, quand l'autre est toujours un ennemi. Encore une fois tu donnes envie d'aller à la rencontre de ce personnage qui ne peut exister qu'en marge.