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Tout et son contraire

21 Juin 2018 , Rédigé par Cardamone Publié dans #Poésie

 

 

Je veux du rêve dans le réel

pleurer de rire et de tendresse

Je veux la paix je veux l’ivresse 

Je veux l’amour à tire d’ailes

Et puis aussi que l’on me laisse

avec mes pensées qui s’emmêlent 

 

Oui je veux tout et son contraire 

 

Dans cette étrange fête des fous

qui bat son plein

en nous

la bête immonde l’ange de lumière 

dansent avec le grain de poussière 

Ça crie ça rit

Parfois c’est gai

Parfois ça sent un peu le rance

 

Il y a de tout - et son contraire 

 

Moi je suis pour Oui je le veux

le sauvetage de la planète 

le partage des fruits de la terre

Mais on ne va pas s’engager 

ce serait ringard et pas glamour

de rêver de fraternité 

quand y a The Voice à la télé 

 

On voudrait bien

On ne fait rien 

On voudrait tout

Et on s’en fout

 

Que tout se mêle ô mon amour

Mon étincelle mon étouffoir

et si je t’aime tu dois savoir 

qu’on ne doit jamais dire toujours 

 

Ça va si vite pourquoi le taire

Chuter de tout à son contraire 

 

Y a du soleil et de la pluie

Alors on cherche un arc-en-ciel 

Il y a de la mort dans ma vie 

-y aura-t-il vie dedans ma mort 

y aura-t-il tout et son contraire?

 

 

Pour l’agenda ironique

 
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Le Seigneur des porcheries - Tristan Egolf

2 Juin 2018 , Rédigé par Cardamone Publié dans #Lu

 

Scotchée par ce récit de la vie de John Kaltenbrunner et de la grève sordido-épique du ramassage des ordures, de cette « crise » qui agit comme un révélateur de l'immense saleté, de la folle laideur d'une société nauséabonde.
John est un personnage extraordinaire, seigneur de parias, damné de la terre, dont la «vie tout entière resta par définition un incroyable enchaînement de coups de poisse». Exceptionnellement maladroit et inapte pour les nécessités et exigences de la vie quotidienne, Kaltenbrunner se révèle carrément surdoué quand il se met une idée en tête, quand il se trouve une vocation, et certains le considèrent comme un «pur exemple de royauté en exil» et un «antidote dernier cri contre la folie ordinaire ».
J'ai été impressionnée par le style flamboyant, l'énergie révulsée avec lesquelsTristan Egolf décrit l'abjecte petite ville de Baker et sa population affreuse, sale et méchante, grouillant de « patriotes sectaires qui verraient volontiers tous leurs voisins bien-aimés se balancer au bout d'une cravate en fil de fer, pendus aux réverbères tout au long de la route du boulot. C'est le pays des autocollants "Jésus est parmi nous !" sur les râteliers à fusils ». Il y a quelque chose de cauchemardesque, d'halluciné, dans cette peinture d'une Amérique des profondeurs, une touche d'irréel et d'outrance enchevêtrés au réel et révélateurs de vérités profondes peu reluisantes qui nous éclatent à la figure. 
Ça décoiffe, ça époustoufle, c'est à lire!

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