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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 19:04

 

 

FSCN5576.JPG

 

Je me promenais dans le soir tombant

La lumière déclinait tandis que le vent

couchait les herbes folles

et froissait les corolles

 tout en soufflant dans mon cou

un air inconscient et doux :

 

"je suis partout la belle!

en million d'étincelles

je suis partout, ici et là

mais tu ne me vois pas!!"

 

Je ne comprenais pas

j'ai fermé les yeux  et c'est là!

en les rouvrant que je l'ai vu couché là bas...

 

"Je suis ici pour toi la belle!

et tu me vois mon étincelle!"

et j'ai couru à lui.

 

Bergamotte

 

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 20:32

 

Du fabuleux palais la peinture

s'écaille

je t'oublie j'oublie

la mélodie qui se mêlait à nous

l'odeur de tes cheveux

quand je les caressais

l'odeur de lâcheté

que parfois tu avais

mon amour

 

C'étaient des temps de vie de violence

enchevêtrées la douceur et la peur

de te perdre

la douleur

j'aimais tes yeux après l'orage

si lavés clairs une nouvelle page

encore comme hier

sans issue s'ouvrait

je lie le fil de la folie

à nos chevilles

ô je voulais lui plaire

encore comme hier

 

Lentement le temps

des buissons rouges

lourds des songes enivrants

s'en est allé

se glissant à tort

à travers

dans le dédale d'autres corps

furieux

heureux

hors d'eux

ici

tout est calme

aujourd'hui

 

 

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Published by Cardamone - dans Poésie
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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 13:23

rainbow-galaxy-explosion-colors-colorful.jpg

 

Ce matin j'ai eu un peu de mal à démarrer : j'ai entendu un oiseau dehors qui chantait merveilleusement bien, je me suis allongée pour l'écouter...pleinement et...

 

je me suis rendormie!

 

 

Un bon et doux sommeil comme je rêve d'en avoir tous les soirs....

 

 

Bon après ça a été un peu la panique...j'ai pris mon tram en prenant ma douche et en tournant mon café avec ma brosse à dents, dans ma botte droite, tandis que j'attachais mes cheveux avec ma botte gauche! et que je maquillais mon jean, en parfumant mon sandwich de midi...mais où sont ma culotte et mes chaussettes?

Ha! oui dans mon sac de travail!!!

Dans mon sac de.... Oh! je vous jure ma vie parfois c'est comme une explosion de n'importe quoi!!!!

 

 

 

Bergamotte

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 20:16

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Viens, j'ai pour toi un secret de douceur,

Un endroit frais et rieur qui te laissera songeur....

 

DSCN5131.JPG

 

Viens, j'ai gardé pour toi dans mon coeur,

Un secret rempli de fleurs...

 

DSCN5129

 

Viens! ouvre tes yeux mon âme soeur,

et contemple cette splendeur...

 

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Viens! et oublions toutes nos peurs!

Ici, maintenant et pas ailleurs.

 

 

 

 

 

 

Bergamotte.

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 19:22
 

http://www.jgmgalerie.com/cms/_clientdata/cms/jgmgallery/_images/19854786234de60eeecf238.jpg

    Yuan Yuan Broken mirror

 

 

 

Des larmes coulaient sur son visage. Ce n'était pas normal.

Elle regarda Yvan. Il écoutait attentivement le discours du PDP - c'était la fête nationale. Elle aimait bien cet air sérieux et concentré, l'importance qu'il accordait aux choses. Ou du moins elle l'enviait. Ils avaient eu de la chance,  leurs parents avaient de l'argent, ne voulaient que leur bonheur, avaient fait appel à la société d'experts matrimoniaux la plus compétente, la plus coûteuse, pour l'anniversaire de ses seize ans, ils lui avaient offert le plus beau des cadeaux, l'homme de sa vie.

Après toutes ces années, il gardait un certain mystère, Yvan. C'était si curieux de le voir à ce point captivé par le discours du PDP, tous les ans, le 25 mai, le Président exposait les progrès accomplis grâce à la nouvelle organisation politique, beaucoup plus efficace et rationnelle.

La décision d'abolir la démocratie s'était imposée 15 années plus tôt quand l'abstention avait atteint 92,3%. Les citoyens, manifestement fatigués de ce système et conscients de leurs limites, avaient eu la clairvoyance de laisser à des gens plus compétents le soin de choisir à leur place.

Elle aurait aimé le faire disparaître du salon, le PDP, à quoi ça pouvait servir d'avoir aboli la démocratie si on devait encore supporter ce genre de discours assommant.

Impossible de dire ça à Yvan. Elle ferma les yeux. C'était pire, les mots résonnaient en elle, éclataient sans signification en impressions sinistres. Elle secoua la tête. Chasser les pensées stériles. Accepter la réalité. Avec le sourire. Voir le bon côté des choses. Le bonheur n'est qu'une question de volonté. C'est ce qu'on lui apprenait à ses cours de DP. Mais elle aurait aimé qu'Yvan ressemble un peu à Eliane. Un tout petit peu. Avec Eliane, elle pouvait dire tout ce qui lui passait par la tête. Eliane était bizarre, un jour elle s'attirerait de gros problèmes, mais c'était bien la seule personne avec qui il lui arrivait d'éclater de rire. Elle aurait voulu se rapprocher d'Yvan, tendre le bras, poser sa main sur son épaule, plus elle cherchait à abattre le mur invisible entre eux plus il devenait épais. Les murs poussaient autour d'elle. Autour de son quartier. Autour de chaque quartier de la ville. Et il y avait une paroi transparente qui la séparait d'elle-même. Elle pouvait se voir, pas se toucher. Elle se voyait marcher sur un fil, vaciller. Ou peut-être était-ce le monde qui vacillait. Si seulement elle avait pu prendre la main d'Yvan, s'y agripper solidement. Si seulement ils pouvaient avoir un enfant. Ne pas faire partie de ces 57% de la population stérile. On ne savait pas bien pourquoi. C'était peut-être psychologique. Autrefois l'ivresse du désir emportait tout, la lassitude, les doutes, les murs, renvoyait les discours du PDP à leur insignifiance. Mais elle n'avait plus envie de ça. Peut-être y avait-il un autre moyen de le provoquer, un moyen de provoquer un choc capable de faire voler en éclat le mur - le profil d'Yvan se découpait immobile sur le mur blanc et elle se demandait en le regardant si elle saurait vivre sans lui. D'une voix forte, en tremblant un peu intérieurement, elle articula:

"Ce n'était peut-être pas si mal la démocratie"

 

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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 19:49

http://www.catherine-charbonneaux.com/cat/2004/20040618/v/z/106.jpg

    Henri Michaux

 

 

 

 

C'était une ombre légère

s'effaçant sans peur

dans la nuit

pas du genre qui éblouit

elle m'accompagnait sans heurt

dans les aléas de la vie

une petite ombre jolie

parfois chantant

sans faire de bruit

de consolantes mélodies

 

Et puis un jour

elle est partie

je ne sais où

sans faire de bruit

C'est ce jour-là que je le vis

ce grand trou glacé

dans ma vie

 

 

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 20:22

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1a/Dor%C3%A9_Gustave-Entre_ciel_et_terre_(2).jpg

                                            Gustave Doré

 

 

Dans sa voix ce jour-là s'était glissé un bout de gingembre. Je suçotais ses mots tout était plus beau picotant la terre dansait j'étais comme une chanson bête qui s'élève au-dessus d'une soupe de plastique  des corps cadavériques affamés aux yeux caves  de ma mort à venir dégoulinant déjà. Mais ma folâtrerie prenait un goût de cendre. Je trébuchai dégringolai sans chercher de nouveau un truc où m'agripper je me laissai tomber au fond du grand fossé.

 

 

 

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 22:51

Longtemps elle avait regardé le monde avec impatience. Ca viendrait, le temps du bonheur, le cadeau du Père Noël, la liberté, l'égalité, la fraternité, le Prince charmant, des tas de bêtises comme ça. En attendant, elle baissait les yeux, s'entraînait à l'invisibilité, discrète et si sage qu'il faudrait bien un jour qu'elle soit récompensée.

Mais ça n'arriverait pas, jamais, ça ne passait pas, ça pullulait, les mots blessants, les Mange ta banane la guenon, les blagues hilarantes -combien de temps prend une négresse pour chier une merde? 9 mois... on a beau blinder sa carapace, ça finit par pénétrer et là ça ne s'évacue pas, ça vous pourrit de l'intérieur, les refus dans les boîtes de nuit, la galère pour trouver un boulot, les coups de poignard des électeurs donnant leur voix à des politiciens malsains qui attisent les braises des haines.

Elle se sentait glisser, aspirée par la spirale des détestations contagieuses. Mais elle avait un truc à elle pour résister, elle fermait les yeux et elle imaginait le regard fixe de Serge posé sur elle, elle murmurait OK tu as gagné, on ne va pas s'en faire pour ces crétins.

Il n'était pas joli à voir, son Serge, il sentait le vieux, il bavait un peu, mais elle l'aimait bien, sa grosse tête de crapaud attendrissant avec leurs yeux un peu fixes de vieux sage à qui on ne la fait pas, elle avait envie de l'embrasser pour voir s'il ne se transformerait pas en Prince charmant. Il parlait lentement comme s'il avait l'éternité devant lui maintenant qu'il n'en avait plus pour très longtemps.

Il n'en faut pas beaucoup Miriam pour qu'on devienne des monstres, on ne s'en rend même pas compte tu sais, elle se sentait percée à jour, et puis il faisait une tête incroyable et ils se mettaient à rire.

Il n'y avait pas beaucoup de joie dans cette maison de vieux aux yeux perdus dans le vide. Il n'y avait que Serge pour être capable de rire et de faire rire là-dedans, de donner à leurs existences miteuses un goût de rêve épicé avec ses histoires abracadabrantes. La grande classe quoi.

 

Mais la petite chambre de son vieil ange se vida progressivement de ses oiseaux d'or et de ses loups gris, de ses vaillants chevaliers et de ses princesses malicieuses, de leur habitude de se moquer ensemble de tout ce qui aurait pu leur faire oublier que la vie n'est guère plus qu'une curieuse plaisanterie pas toujours de très bon goût et que seules les belles histoires sont à prendre au sérieux. Les moments où Serge s'absentait, où elle n'avait plus qu'une coquille vide devant elle, où elle devenait invisible pour lui étaient de plus en plus fréquents, leur monde de secrets partagés et de rêves idiots sombrait lentement. Un jour il l'appela Suzanne. Un bon nom, Suzanne. Elle prit deux semaines de congé. Deux semaines à se recroqueviller sur sa lâcheté, à se rendre sourde à la vie, à dériver perdue sur les petits lambeaux de ce monde que Serge déchiquetait et désertait.

S'accrocher à un vieil homme comme à l'unique bouée, ce n'était pas malin, maintenant il n'y avait plus qu'à s'habituer à la solitude de sa vie ratée, retourner travailler, apprendre qu'il était mort seul, acheter un petit bouquet et aller sur sa tombe, lui dire

Ca ne change rien Serge, c'est toi qui m'as lâchée.

Un crapaud sur la tombe la regarda d'un air ironique et fit un drôle de bruit. Elle lui sourit bêtement. Bon d'accord on s'est lâché tous les deux. Et c'est moi qui reste seule à me demander comment je vais survivre. Le crapaud ne bougeait pas, il avait l'air un peu triste. Elle le prit avec précaution dans ses mains et l'observa attentivement. Non, il n'avait pas l'air si triste, détaché des futilités du monde plutôt, il esquissait presque un subtil et émouvant sourire de Bouddha. Elle l'embrassa.

Excusez-moi, vous êtes Miriam N'Kodia?

Elle se retourna, le crapaud sauta et disparut, elle vit les restes d'un sourire dans les yeux un peu tristes du jeune homme qui lui parlait et hocha la tête.

Mon père m'a beaucoup parlé de vous dans ses lettres. Je peux vous inviter à prendre un verre?

 

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 19:56

http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2014/03/cabas.jpg

© Kot

 

 

 

Dans l'épaisseur d'obscurité

vibrent le rêve et nos mystères

laisse la coulée des désirs

emporter la laideur en trop

les sous qu'on compte et les kilos

de nos misères des petites haines

la vie si seule et quotidienne

 

S'enivrer de l'ombre magique

sans souci des gueules de bois

passer la porte devenir roi

ou reine de sa propre musique

éclater les murs du métro

dissiper le brouillard d'angoisse

dans un reflet devenir beau

ou princesse d'un rêve qui passe

 

Dans les vertiges et les merveilles

de l'ombre d'un conte volant

et je te veux et je t'attends

dans ma longue robe vermeille

je m'étourdis je m'éblouis

mon amour mon preux chevalier

qui va pourfendant les vermines

de ma mesquine réalité

 

Dans l'épaisseur d'obscurité

chasse les miasmes et les déchets

de ma peu reluisante vie

au monde moderne inadaptée

dans les vertiges de ma folie

je m'étourdis et je l'oublie

la laideur des années qu'on traîne

la vie si seule et quotidienne

 

Cardamone

pour l'atelier d'écriture de Leiloona

 

 

 

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 15:54

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(photo Lee Jeffries)

 

J’ai beau, et mal, faire…Tu es muette quand tu me parles. Je vois tes lèvres s’évertuer à me tricoter des discours. Peine perdue, je ne  comprends plus. Je glisse sans m’accrocher sur tes paroles,  tes complaintes, et tes craintes. Je glisse comme une égarée au carrefour de tes dialogues sans rien faire pour me retenir…Ta gorge est stérile à mes tambours, tes notes fades à mes enclumes. Je n’entends plus mon cœur qui bat, alors le tien… Ne m’en veux pas ! Les fureurs de la vie m’ont tant soufflé dessus que je ne perçois plus, ni tes "je t’aime", ni tes soupirs, ni ton souffle en train de tarir. Mon âme est cailloux pur que rien ne grave, ni ne suture. Perdue en moi même, je me promène dans l’indifférence ouatée du silence, mon bien aimé. Dans les plaines écorchées de ma peine, je contemple sans rien dire, les phrases tronquées et les délires. Et partout les éclats de rire sont comme des grimaces de vampires plantées dans une grande absence. Ne me dis rien, ne me parle pas…Car enfin ne vois-tu pas que je suis sourde et plus comme toi?!

 

 

 

Bergamotte

 

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