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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 23:34

http://www.independentcinemaoffice.org.uk/pictures/film/4/6/4/.4642/~EDGneiHW/Meshes_of_the_Afternoon_Maya_Deren_1.JPG

              Maya Deren - Meshes of the afternoon

 

 

Elle avait trouvé ce petit carnet de croquis dans une brocante. Des dessins vivants, plein de fraîcheur, qui lui rappelaient quelque chose mais elle ne savait pas bien quoi. Sur la dernière page, deux yeux profonds la regardaient, la caressaient, la défiaient, lui posaient une question - mais laquelle?

Elle acheta le petit carnet. Puis l'oublia au fond d'un tiroir. Elle avait été heureuse de l'avoir, mais il n'y avait pas de place dans sa vie pour un petit carnet de croquis. Il n'y avait pas de place pour grand chose dans sa vie. Elle savait se montrer à la hauteur des responsabilités qui lui étaient confiées, elle avait le sens des priorités. Elle sortait bien sûr, c'était si important de se construire un réseau. Elle fréquentait même des gens assez influents.

 

Mais les deux yeux profonds prirent l'habitude de flotter au-dessus de sa vie. Alors elle s'arrêtait, elle les regardait.

 

Elle se mit à planer dans le vide et à s'y trouver bien. Elle retrouva de vieux rêves qu'elle avait cru jetés à la décharge, qui s'étaient tapis là dans les recoins, attendant, patients. Des odeurs de mousse après la pluie et de tabac brun. Il y eut des déplacements imperceptibles. Un beau jour, cela ne lui parut plus aussi important, son étude pour la modernisation la restructuration de l'entreprise. Des chuchotements indignés s'élevaient dès qu'elle s'y penchait, elle les écoutait, songeuse, et puis elle refermait le dossier. Qui n'avançait plus. Elle avait moins peur d'elle-même, s'y enfonçait lentement, l'explorait avec étonnement, ça grouillait de monde là-dedans, elle n'aurait jamais cru. Elle se fréquenta assidûment, il y eut les délices atterrés de l'ensablement, les surgissements joyeux et sombres des cris d'enfants, des naissances des agonies mêlées, elle dansa les larmes aux yeux et se demanda qui se dissimulait toujours dans l'ombre au fond.

 

Elle oublia d'aller au travail. Elle n'avait plus le temps. Le médecin diagnostiqua une dépression. Elle n'avait jamais été aussi heureuse. Mais elle avait besoin de temps. Il s'enfuyait toujours dès qu'elle approchait, il lui échappait comme son existence lui avait toujours échappé. Mais cette fois elle voulait une échappée belle. Elle s'allongea. C'était ses yeux qui l'observaient, elle le savait maintenant, elle lui sourit, l'air vibra, entraînant un flottement de courbes, une esquisse de bouche, la sensation d'un baiser, elle se sentit enveloppée de lumière, adoucie, allégée.

Elle se leva et mit un CD de Bratsch, elle se sentit enlacée, ils dansèrent, perdirent haleine, éclatèrent de rire. Elle se laissa aller dans cette poussière d'étoile, elle ne voulait plus rejoindre la vie, elle ne le quitterait pas. Le bruit de la sonnette lui parvint traversant l'épaisseur de la bulle de ses rêves. Elle n'ouvrirait pas, ne ferait pas entrer l'absurde et laide réalité de nouveau dans sa vie.

Le bruit strident insistait, insistait, faisait éclater la fragile intensité des images qui l'emplissait; l'air triste, les yeux la regardèrent je t'aime avant de s'évanouir. Quelque chose se déchira. Comme malgré elle elle se dirigea vers la porte. Il fallait bien faire cesser ce bruit. Elle ouvrit, elle pâlit, incapable de prononcer un mot, même le plus bête des mots. Il était là, en chair et en os, elle reconnaissait ses yeux. Elle frissonna quand il lui prit la main.

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 22:03

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Hiramatsu

 

 

 

Ce mot si dur

dans ta bouche

a fondu

Quelqu'un est là que tu ne reconnaîtras pas. Dans cette fraîcheur de la vie qui s'écoule à nouveau. Dans ce malgré tout. Dans les décombres des mots abandonnés il y avait un chemin. Ca s'agite. On a bercé des ombres, retrouvé des fantômes, retissé de vieux contes, rallumé des lucioles. Recollé des fonds à la forme. Secoué les barreaux des normes étouffantes. On s'envole de temps en temps maintenant, tu sais, je ne te mens pas. Mais on reste inquiets.

 

 

 

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 17:51
 

http://arrestedmotion.com/wp-content/uploads/2012/09/Audrey-Kawasaki-Levine-Midnight-AM-7.jpg

                                  Audrey Kawasaki 

 

 

Il était une fois une poupée. Comme toutes les poupées elle possédait de grands yeux charmants qui se fermaient quand on la couchait, un petit nez, un corps souple en plastique, de beaux habits, et surtout comme toute les poupées, ses lèvres étaient scellées.

 

Elle avait été mise au point dans les tréfonds d’un obscures et pourpre laboratoire. Tout ce dont elle se souvenait de sa naissance c’était  une longue litanie répétée sans cesse qui disait  que sa composition était un secret, que si on savait comment elle avait été fabriquée, les ennuis allaient commencer…Il y avait aussi  la froideur de mains qui l’avaient habillée, peignée, mise droite les mains  ouvertes de chaque côté, appliquant sans ménagement des couleurs sur ses joues et sa bouche. Et puis la boîte, cette étrange boîte en carton rose, qui lorsqu’on la fermait devenait juste sombre et silencieuse.

 

Elle ignorait comment un jour elle se retrouva exposée aux yeux du monde, dans la vitrine d’un magasin, au milieu de robots, d’ours en peluche, et de dînettes rutilantes. Elle était là,

Sidérée par l’éclat des choses, et la vitesse des mouvements des passants à l’extérieur du magasin. De temps en temps le vent s’engouffrait dans la boutique, par la porte entrouverte par un client, faisant gonfler ses jupons. Puis tout retombait dans un morne silence étouffé par la glace de la vitrine et l’épaisseur du carton de son emballage. Parfois, un jouet était saisi et partait pour disparaître tout en haut de la vitrine.

Jamais on entendait plus parler de lui, et cela n’émouvait aucun des jouets : chacun demeurait à l’endroit où on l’avait disposé, immobile, statique, figé et docile.

 

Un jour ce fut son tour. La boîte s’éleva dans les airs. La poupée avait les yeux presque fermés à cause de la vitesse de son envol ! A ses pieds elle eut juste le temps de deviner les autres jouets mais sous une autre perspective dont elle ne pensa rien. Encore des mains, plus ou moins lentes, puis un emballage qui lui fit tourner la tête, et puis un long silence. Alors qu’elle n’y croyait plus, une lumière fulgurante fit se déchirer le papier. Le couvercle de la boîte sauta, et elle se sentit happée, pressée, scrutée. On lui tira les cheveux, retira ses chaussettes, on fit voler sa jupe, et on lui mit même les doigts dans les yeux et la tête en bas. Autour d’elle du bruit, beaucoup de bruits qu’elle ne comprenait pas et qui la terrifiait. Rien des couleurs qu’elle percevait ne lui rappelait quelque chose. Cependant, elle restait elle même chahutée et malmenée.

 

Ce ne fut que beaucoup plus tard qu’elle échoua sur un tapis derrière un grand fauteuil. Là, seule, perdue, échevelée, et désarticulée, elle connut la paix. Pour la première fois de son existence de poupée, elle trouva au cœur de la pénombre du réconfort. Le silence l’enveloppa comme une lourde cape. Sa tête retomba sur les fibres poussiéreuses. Ses paupières de plastiques se fermèrent de concert. Elle fut plus que jamais un objet. Elle ne pensait pas. Rien ne battait en elle. Aucun souffle ne faisait se soulever sa poitrine. Mais elle était bien dans cet espace inespéré de non –vie : sans posture, sans respectabilité, sans valeur. Elle n’était qu’un jouet après tout. Ici rien ne se passait, pas de jours, pas de nuits, pas de temps qui court. Comme une longue somnolence pour se perdre et tout oublier.

 

Un jour elle fut retrouvé cependant. Ce fut la même épreuve : bruits, lumières violentes, vitesse. Mais lorsqu’une main agrippa sa tête pour la faire pivoter de force, une chose extraordinaire se produisit. Les lèvres de la poupée se détachèrent l’une de l’autre. Sa bouche s’entrouvrit, et un long cri perçant qui avait couvé tout ce temps au plus profond de ses entrailles de plastiques s’éleva, intimant à tout immobilité et stupeur. Son cri se mua peu à peu en un vent violent qui fit basculer tout autour d’elle, brisa les vitres et les murs, transforma tout en un inénarrable chaos ! Et cela dura, dura, jusqu’à ce que de nouveau la poupée se retrouve seule. Autour d’elle le néant, comme un grand désert blanc. Une pureté émouvante qui fit rouler sur sa joue sa première larme.

 

 

Bergamotte

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 22:32

"- Carda?

http://data2.whicdn.com/images/99604199/thumb.jpg

 

- Mmm...

- Je m'ennuie.

- Si on allait à Etretat?

- J'aimerais mieux Rome.

- Moi aussi. Mais à Etretat, on pourrait dormir chez Curcuma.

- Il m'ennuie.

- Tu veux un sina ginger candy?"

Les deux amies suçotèrent un des fameux bonbons de Yosha et le monde se fit plus sucré et plus épicé. Bergamotte prit la main de Cardamone et elles se mirent à danser.

 

http://data2.whicdn.com/images/99566437/thumb.jpghttp://data2.whicdn.com/images/99566153/thumb.jpg

 

"Ca manque de princes ici", dit Cardamone.

On frappa à la porte. Berga alla ouvrir. Un prince se tenait là, debout sur le paillasson; il la salua. Pendant qu'il implorait leur aide pour guérir sa Princesse - la Joie de sa vie -  qui s'étiolait, Carda pensa:

"Mmm un prince pour trois, ça va encore faire des histoires... Tant pis. Au moins ça nous occupera."

Elle regarda le Prince et décréta:

"Il nous faut délivrer le Bonheur prisonnier du dragon à sept têtes et l'apporter à ta belle Aurore. Alors seulement elle guérira."

 

Nos héroïnes chevauchèrent donc avec le prince vers d'exaltantes aventures, traversant villages et forêts profondes, passant les monts, franchissant les vallées, découvrant les merveilles des horizons tout nouveaux tout beaux si bien que l'ennui s'envola mais qu'elles avaient drôlement mal aux fesses.

 

  http://ideafixa.com/wp-content/uploads/2010/03/13_kaynielson_powder_color.jpghttp://www.brainpickings.org/wp-content/uploads/2012/08/nielsen_eastofthesun7.jpg

 

 

 

Elles furent donc bien contentes d'arriver enfin devant la prison du Bonheur et de pouvoir descendre de cheval.

Le Prince déclara au Dragon:

"- Donne-nous le Bonheur que tu retiens prisonnier, et je te laisserai la vie sauve.

 - Pas question, dit le Dragon, moi aussi j'ai droit au Bonheur. Et puis je suis plus fort que vous."

"Il n'a pas tort", pensa Berga. Mais le Prince dégaina son épée, prêt à se battre à mort pour le salut de sa Belle.

" - Viens avec nous, dit Carda au Dragon, ce Bonheur est assez grand pour nous tous.

  - Pas faux", dit le Dragon qui à vrai dire s'ennuyait un peu tout seul avec son Bonheur captif.

Les deux amies le chevauchèrent, s'envolèrent, filèrent comme le vent et arrivèrent en moins d'un instant auprès de la Belle Aurore qui en caressant le Bonheur et en papotant avec Bergamotte et Cardamone retrouva bien vite le sourire. Pour fêter ça, elles organisèrent une grande fête. Le dragon à sept têtes dansait comme un dieu et devint bientôt l'ami de nos deux héroïnes qui allèrent jusqu'à lui offrir un sina ginger candy de Yosha tellement elles le trouvaient sympathique.

 

 

 

 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 14:10

Janv 2014 071

 

 

 

Depuis cent ans déjà plongés dans un recoin sombre inerte les songes remisés dégoûtants broyaient du noir - on n'en approchait plus et même on faisait un détour pour éviter nos rêves ébréchés échoués dans la poussière épaisse. La vie fade évidait nos fables de leur feu intérieur, la manie de l'ordre et du classement pétrifiait les fragiles mots d'amour fou de folle appartenance au flot torrentueux des hommes rassemblés.

D'un moment de surprise, de l'épaisseur du temps, surgirent les cavaliers de l'increvable et vigoureuse faim, l'oeil brillant et trouble, âprement fraternels et bouleversant la nuit de l'éclat de leurs cris. Soufflant sur la poussière des rêves, chevauchant les dragons anciens, ils réveillèrent les images éteintes, les enroulèrent dans l'ampleur de la bousculante et turbulente humanité. Elles irradièrent et s'envolèrent dans un crépitement de rires tourbillonnant.

 

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 22:31

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/07/Chiozza_e_Turchi_by_Adolfo_Hohenstein_1899.jpg

 

 

 

Sa rêverie créait autour d'elle une bulle de brumeuse douceur dont le gros pouvoir irréel estompait l'hostile aridité du monde extérieur. La bulle se mit à rouler lentement, la rêverie se promenait, vagabondait.

Elle s'approcha d'une autre sphère, où voletait un petit papillon joueur et allumeur, une sphère au goût généreux et savoureux de caramel et de gingembre, sucrée et épicée à souhait. Elle s'arrêta, se laissa caresser par le papillon papillonnant, le palais merveilleusement picoté par le goût rêvé des mystérieux sina ginger candy.

Sans se rendre compte que sa bulle avait grandi et pris une saveur nouvelle, la rêverie reprit sa route, tissant sa toile des fils des images nouvelles et de celles qui l'animaient depuis longtemps déjà. Une lumière éblouissante lui fit lever la tête et découvrir une bulle très fine et un peu alchimiste, transmuant l'apparente insignifiance de bouts de réels en joyaux poétiques et philosophiques, une bulle où le gris se révélait être fait de bleu azur, de jaune fraîchement lavé et de rouge feu, une bulle qui réveillait le monde du charme de rêveries délicatement entrelacées à la finesse des pensées. Elle se sentit moins bête, moins sèche, mieux dans sa bulle qui avait pris en épaisseur et en beauté, moins à l'étroit.

Elle croisa encore une bulle planète si étrangère et si familière qu'elle en eut un frisson le temps d'une danse avec une tendre ortie, le temps de se réfugier au creux d'un chêne tortueux, le temps de bercer une lune brisée, ses rêveuses émotions tissaient autour d'elle une somptueuse étoffe moirée. Elle rencontra une bulle de mots rêveurs, généreux et talentueux où seul l'esprit était une épopée; une bulle d'instants de grâce et de souffle ancien; une bulle fraternelle où les visiteurs se trouvaient conviés à une revigorante et chaleureuse randonnée; une tendre bulle miroir où le même et l'autre se tendaient la main et se rejoignaient; une bulle de printemps en hiver. Et toujours elle grandissait et embellissait et continuait sa route.

 

 

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 14:46

http://fmrid.files.wordpress.com/2010/12/leiter2.jpg?w=604

           Saul Leiter

 

 

 

Je ne savais plus si j'étais encore dans la ville ou si je m'enfonçais déjà dans ma rêverie. Un bout de matière nocturne semblait s'immiscer dans la dureté du bitume, le contour des immeubles flottait en murmurant un air mélancolique que je connaissais bien, je bougeai la tête pour le saluer et laissai s'échapper la lassitude d'une matinée au bureau.

 

C'est alors qu'il apparut. Il était moi, il était toi, vous, nous, tous les bruits et tous les silences, l'éclat des rêves et l'amertume des renoncements. Je plongeais dans l'eau salée et irisée de ses yeux désirant m'y noyer. Je le sentis m'entourer, j'oubliais tout, tout me revenait, je perdis mes repères et mes frontières, l'horizon se défit, j'étais le monde.

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 21:36

 


  Adam Davidson

 

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Published by Cardamone - dans Coup de coeur
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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 21:59

 

Bien d'accord avec le GRRR de Lisbei, en réaction à une pétition de "personnalités" qui à mes yeux militent pour la dégradation des conditions de travail des autres et pour la poursuite de l'effet domino dans l'attaque du temps de repos dominical, s'en prenant cette fois aux bibliothécaires. De plus en plus de gens travaillent le dimanche, et je trouve ça très moche - un temps commun pour vivre avec ceux qu'on aime, ça me semble faire partie des choses les plus précieuses dans une vie humaine.

 

Elle indique une contre-pétition à signer, qui réclame d'"ouvrir mieux avant d'ouvrir plus".

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Published by Cardamone - dans Politique
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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 21:55

 

 

 

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Deux titres, deux genres, deux talents pour jouer sur les peurs et sur les mots... Pour bien faire j'ai envie de m'en tenir à ces quelques mots, mais je ne peux pas!!!! Comme le veut ma tradition, coup d'oeil sur les rayons, et coup de foudre sur les images de la couverture...Pour Sire Cédric, ok, j'avoue...c'est l'image à l'arrière de l'ouvrage qui m'a...comment dire... attirée!!!! Il est beau ce Sire avec ses longs cheveux et son tee-shirt noir...Un héros gothique comme je les aime bien!!!! Pour Mo Hayder, c'est le petit chat blanc : ça porte bonheur!

 

Bon qu'est-ce qui a pu me tenir éveillée jusqu'à pas d'heure dans ces deux ouvrages? D'abord une envie folle de lire des ouvrages où il y avait des horribles méchants, et surtout  avec des gentils pas parfaits qui en viennent à bout de ces horribles méchants! Oui c'est cela que je recherchais, un endroit où il y avait une solution. Autant vous dire que j'ai été servie.

 

Sire Cédric, avec la "mort en tête" nous pousse sans ménagement dans la boîte crânienne d'un tueur en série assez sordide, mais qui passe tellement bien à l'antenne et plaît même aux ménagères de plus de cinquante ans! Pour lui faire front, deux flics de choc! Elle albinos enceinte jusqu'à ses yeux rouges, derrière ses lunettes noires qui la protègent si mal de la lumière du soleil. Lui, grand colosse, toujours au bord de la colère et du coup de poing, aussi expéditifs l'un que l'autre lorsqu'ils sont sur le terrain. Vous secouez tous ces ingrédients au rythme de courses poursuites, de filatures, de coups bas, et de grosses magouilles...et vous obtenez après avoir saupoudré d'une couche fine de para-normal, ce thriller intéressant.

 

Mo Hayder quand à elle nous entraîne pour une petite visite guidée dans un asile de haute surveillance. Là se côtoient des hommes et des femmes aux passés et aux passages à l'actes tumultueux et terrifiants. Une vague de panique submerge les patients qui ne tardent pas à mourir de façons mystèrieuses. Pour enquêter, un homme  à l'aura étrange, et Flea, une jeune femme de la police en proie à des dilemnes complexes. Des méandres et des méandres plus loin, on a  : votre Bergamotte qui lit en mettant le linge dans la machine, en sortant ce même linge  pour le mettre à sècher, et qui vers deux heures du matin, ferme tout doucement le livre pour ne pas réveiller les gens qui dorment dedans...Deux précautions valant mieux qu'une!  

 

Ils sont forts tous les deux!

 

J'ai en tête un moment qui existe dans des tas de livres, de films, de séries...Vous savez ce moment où le héros sent que vite il faut partir, mais doucement, car on ne sait pas où se trouve le méchant...Il avance doucement, la musique monte crescendo, la trouille aussi, il débouche devant une ouverture, une arme devant lui et là, il découvre soit son coéquipier, soit une nouvelle victime...Bref, personne ne pouvait m'apporter du nouveau en la matière...Et bien si : Sire Cédric l'a fait! et ce à en avoir envie de ne plus lire la suite tellement j'avais eu peur!!!!!

 

Idem pour ces anti-héros qui mettent tant de grâce à se trouver là où on ne les attend pas...Mo Haider m'a bluffée!!! J'avais le coupable depuis le début, mais j'étais tellement loin du compte au finnale!Et ça c'est une surprise, et une bonne.Voir les masques tomber et laisser voir des profils dérangeants, questionnants, bousculants...

 

Si en plus l'un comme l'autre pointe de leurs plumes les travers de notre société, la communication qu'on assassine à coup de télé, de reportages chocs et de voyeurisme passif. les gens que l'on étiquette à loisir : swag, bolos, malade, normal, gentil, méchant...Le manichéisme et l'individualisme latent de nos quotidiens bien pensant.

 

Que demande la Bergamotte??? Rien, enfin, si, que tout cela se cantonne aux pages de ces auteurs, et surtout surtout n'existe pas pour de vrai!

 

bonne lecture!

 

 

bergamotte.

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Published by bergamotte et cardamone - dans Littérature
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