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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 20:00

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Zeng Xiaojun

 

 

 

Où t'ai-je perdu

je ne sais plus

était-ce une forêt de songe

où court l'héroïne d'un conte

loin de sa vie qui se défait

elle fuit vers où ses mauvais rêves

il faudrait que ça me revienne

 

Quand t'ai-je perdu

c'est le trou noir

était-ce au détour d'une chanson

le jour où le rythme brisé

sans le vouloir sans le savoir

la danse endiablée a crevé

et après que s'est-il passé

j'ai vu je crois des gens sourire

faut-il pleurer faut-il maudire

ce bout de toi qui me manquait

me labourait me déchirait

je voulais l'oublier tu sais

le déchirer le piétiner

l'effacer cet amour passé

un jour j'ai bien cru qu'il chantait

c'était frissonnant

et pourtant

ce bout de vide qui me pinçait

même sans toi ça rayonnait

 

 

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 18:21

http://societeperrier.com/us/files/2014/04/zeng-xiaojun.jpg

           Zeng Xiaojun

 

 

mais le trop qui m'étreint retient les mots dans ses filets

ils rouillent

 

Je danserais

ma vie si les fils tordus de mes futiles soucis cessaient de m'envoyer les pieds dans le tapis

meurtrie

 

J'aimerais

savoir les mots éclaboussant de joie nos heures de guingois

J'ai froid

 

 

 

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 20:53

...

http://p2.storage.canalblog.com/22/27/119589/84616016_o.jpg

                                                              Li Huayi

 

 

 

 

Si vains les mots

je cherche

l'apaisement des vagues de silence   des yeux perdus dans le frisson des feuilles au vent   l'heure où se mélangent sans heurt les ingrédients du monde

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 14:35

Berga-et-Carda-sur-un-nuage--2-.jpg

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 12:15

http://opus911.files.wordpress.com/2011/03/bosch-fisch.jpg

Hieronymus Bosch

 

 

Un jour emporté hors de moi

par un gros coup de vent

je vis en revenant

de sales dégoulinades

sur les murs de mon corps

 

Je me glissai dehors

de plus en plus souvent

sautant papillonnant

j'appris les langues de l'air

et celles de la lumière

rêve ailé je voulais

réveillonner nos vies

caduques cafouilleuses

décevantes grumeleuses

les voir se relever

battements d'ailes affolées de fêlure en fêlure frénésie chaotique cassant la pesanteur des pas de tous les jours la laideur de nos mots figés dans le formol dissoute dans l'eau folle

d'une mer enivré qui se perd dans le ciel

et chante en moi

en nous

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 14:50

lh.hello.guernica-skateboard-.jpg

 

Les temps sont troubles et incertains, et l'on persiste à me parler des vices et vertues de telles ou telles starlettes comme une publicité me vante les résultats éblouissants de la crème à penser plus blanc. J'étouffe et j'ai peur, mais j'ouvre un livre de poésie et  je lis ce  poème de Sully Prudhomme écrit en 1866!!!!

 

 

Tombeau

 

L'homme qu'on a cru mort, de son sommeil profond

S'éveille.Un frisson court dans sa chair engourdie;

Il Appelle. Personne! Et sa plainte assourdie

Lui semble retomber d'un étrange plafond.

 

Seul dans le vide épais que les ténèbres font,

Il écoute, et, roulant pleine de léthargie

Sa prunelle par l'ombre et la peur élargie,

Il sonde éperduement l'obscurité sans fond.

 

Personne! A se dresser, faible et lent il s'apprête,

Et voilà que des pieds, des reins et de la tête,

Horreur! il a heurté six planches à la fois.

 

Dors, ne te dresse plus vers le haut empyrée,

O mon âme, retiens ton essor et ta voix,

Pour ne plus te sentir toute vive enterrée.

 

 

Les livres m'entendent-ils pleurer?

 

Bergamotte

 

(Image tableau de DavidLusk : "hello Guernica"+ davidluskgallery.com)

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 13:19

Ida

http://2.bp.blogspot.com/-N78uMtXPzuA/Un_gzgdZoEI/AAAAAAAAnjE/Pt-UMG5J4IA/s1600/ida-2.jpg

 

 

J'ai beaucoup aimé ce film, les deux actrices, magnifiques, (et le beau saxophoniste aussi), couple improbable et fascinant, une nonne - juive sans le savoir - au beau visage impassible et profond s'offrant aux vertiges de nos projections et sa tante, Wanda la Rouge, sensualité du désespoir, enchaînant cigarettes, vodkas et amants d'une nuit, marquées l'une et l'autre au fer rouge de l'histoire polonaise.

J'ai été séduite par la beauté de l'image, noir et blanc, dure et douce, dépouillée, personnages souvent au bord, écrasés, impuissants dans un monde où la possession d'un bout de terre, d'une petite maison, pouvait mener au meurtre.

"Et après?" Rien. Rien que des problèmes dans cet ici-bas gris et froid, même avec un beau saxophoniste, même avec la musique de Coltrane.

Sobre et intense.

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 16:27

http://www.liftingfaces.com/uploads/gaumy_03.jpg

                            Jean Gaumy

 

 

Elle était un peu déçue par les êtres humains. Sans doute elle n'y mettait pas assez du sien. Elle avait été de leur famille autrefois, mais les souvenirs de la vie d'avant s'effaçaient vite. Elle savait bien qu'ils n'étaient pas très cohérents, un peu perdus sur cette petite flaque de leur médiocre mais touchante existence qu'ils prenaient pour un vaste océan tumultueux, impossible de leur en vouloir. Elle s'attendait juste à ce qu'ils soient plus vivants.

On l'avait prévenue, la vie de fantôme n'était plus ce qu'elle avait été. Les hommes chassaient impitoyablement les zones d'ombres et de rêves, lavaient tout avec des produits atrocement malodorants tout en idôlatrant un Dieu qui n'avait pas d'odeur. Hanter les habitations des humains soi-disant vivants, de nos jours ce n'était pas une sinécure, elle ne pouvait l'ignorer, c'était une tâche ardue et peut-être impossible à mener à bien - et pourtant que valait une vie de fantôme s'il ne hantait pas quelque humain - et que valait une vie humaine si elle n'était pas un tant soit peu hantée?

Alors elle avait décidée d'essayer, sourde aux paroles décourageantes des siens Ce qu'on ne peut pas changer il faut l'accepter Laevinia, notre temps est passé, c'est comme ça. Les vivants sont devenus infréquentables, restons entre nous.

Elle avait porté son choix sur un jeune et solitaire poète - les poètes lui semblait-il devaient bien encore s'intéresser au monde autre, à ce qui de l'invisible veut bien venir leur apparaître. Mais ses yeux étaient continuellement rivés à son ordinateur et Laevinia peinait à trouver un moyen de faire son apparition. Son corps était là  mais il avait l'air ailleurs, il lui faisait un peu peur - était-ce vraiment un humain ou une nouvelle forme d'être désincarné résultant de quelque sinistre évolution des espèces?

Un jour pourtant il éteignit son ordinateur, alluma une bougie et une cigarette, s'affala dans son fauteuil, restant là à rêvasser, entre veille et sommeil. C'était le moment ou jamais. Laevinia se mit en mode phosphorescent - ça faisait toujours son petit effet. De sa voix éthérée de voyageuse de l'au-delà, des mots d'une forme étrange, d'une profondeur et d'une richesse exaltantes se dessinaient dans l'air, virevoltaient avant de se projeter vers Yvan et d'imprimer dans son cerveau le message d'une vérité fondamentale que nous pourrions résumer ainsi:

Bouge-toi les fesses abruti avant qu'il ne soit trop tard

Yvan regarda sa marlboro en bredouillant Mince, c'est quoi cette cigarette?

Hum! peut-être que tu devrais sortir, murmura Laevinia de sa douce voix, moi je ne peux pas, tu me raconteras.

 

Yvan n'avait pas l'habitude des filles - exception faite de sa maman, et cette fantômette était bien jolie. Sans discuter, il enfila ses baskets et sortit se promener dans la nuit. Marcher sans aller nulle part, il y avait si longtemps, il avait oublié combien il aimait ça, observer les passants, jouer avec une démarche, une attitude, à imaginer une vie, rêver sur le dos des autres, se laisser bercer par les bribes d'images, porter par les mots perdus, les petits fragments d'existence à la dérive, ça le changeait, le divertissait, libérait des goûts d'épices dans son fade et monotone pain quotidien. Une jeune femme brune le heurta sans le voir, perdue dans les déchirures d'un monde où elle perdait pied peut-être. Il la regarda s'éloigner avec l'envie d'en savoir plus. Il la suivit.

Elle ne marchait pas très vite, traversait les rues sans lever les yeux, descendit la rue Royale vers la Loire. Sur le Pont George V elle s'arrêta et regarda le fleuve fixement comme fascinée par les reflets de sa vie défaite, de ses glissades, sa chute, elle savait ce qu'elle allait faire, elle allait pour une fois reprendre le contrôle, choisir, agir, elle allait sauter, il le sentait, il se précipita, l'agrippa, la retint, la serra contre lui aussi fort qu'il put, sa joue caressée par ses cheveux, par leur odeur de tristesse. Elle pleurait, elle n'arrêtait pas de pleurer. Il s'accrochait à elle. On va se consoler On va se soigner On ne se lâchera pas. Elle regrettait un peu, elle ne retrouverait pas peut-être le courage une seconde fois, mais il y avait dans les yeux de cet homme un drôle de reflet, ce type avait quelque chose, il était habité, elle dit D'accord On va se consoler On va se soigner

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Published by Cardamone - dans Contes et histoires
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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 13:57

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Et passer en trombe sur le blog pour vous déposer mon coup de coeur du week-end!!!!

Comme d'habitude c'est la couleur et l'intitulé qui ont joué les attrapes-bergamotte...Tagada!!!! Jeune, j'avais une amie qui m'avait initiée au plaisir de ce bonbon!!! très sportive, elle me disait tu manges une fraise tagada et tu fais une extension de jambe allonger au sol!!!!! J'ai pas tenu longtemps...les kilos tagada eux..si!

Mais revenons à nos bonbons! Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini nous offre là un très tendre roman graphique...Cet ouvrage est un petit bijoux de vie, de premiers émois, d'amitié-amour possible ou pas! On en sort un peu écoeuré comme après avoir avalé tout un paquet des dîtes fraises, mais toujours avec en tête la saveur des amours manqués et du sucre collé aux lèvres...Sur la toile on dit de cet ouvrage qu'il est pour les ados...qu'à cela ne tienne, j'ai retrouvé mes 14 printemps qui me vont encore comme un gant, et j'ai suivi avec le coeur qui bat cette histoire de premiers pas chez les filles...

 

Vraiment chouette, alors n'hésitez pas à le prendre au vol, puis à le relacher pour qu'il poursuive son chemin!!!!

 

 

Belle semaine à tous!

 

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Bergamotte.

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 17:48

http://www.massmoca.org/museum_images/333-eventpage-keifer_500.jpg

Anselm Kiefer

 

 

Le cauchemar ne passait pas mais

tu m'as souri

j'avais la fièvre plus de mots en moi mais

une envie

me rouler dans tes rêves

de mondes refigurés

par le souffle oublié

d'un sens insoupçonné

 

j'ai franchi la passerelle

 

les ronflements du monstre

écorchaient mes oreilles

fanaient les fleurs

le pire allait venir

un papillon tremblait

ta main s'est approchée

et j'ai dansé

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