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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 21:11

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 © Kot

 

 

Combien de jours, d'heures, de minutes me reste-t-il à perdre?

 

J'ai partagé ma vie, de longs dialogues parfois silencieux bâtisseurs d'un Royaume aujourd'hui en ruine, des besoins de consolation presque rassasiés par des histoires sans queue ni tête mais pleine de souffle, de poésie brutale, de cris qui réveillaient la vie. J'ai partagé mon monde, ils sont partis avec les uns après les autres. Je reste avec un rogaton de vie un peu moisi.

 

Tu ne sais rien, toi, de la chaleur de leur éclat de rire qui brisait le cristal, du monde de glace qu'ils ont laissé derrière en partant, dans lequel je me prends en pitié prisonnier sans ailes saoulé par les rêves du passé et les verres de souvenirs.

Tu ne sais rien du désespoir de celui qui n'a plus au fond de sa bourse un sou d'amour à dépenser et se trouve traîné dans le vide d'un monde solitaire où rien de vrai n'arrive.

 

Combien de jours, d'heures, de minutes me reste-t-il à perdre?

 

 

 

Cardamone

pour l'atelier d'écriture de Leiloona

 

 

 

 

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 20:29

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Juste un instant

- avant que tout s'envole

nous sentirons

l'ivresse

des deux soleils

nous prendre par la main

Juste un instant

- avant l'obscurité

 

 

Cardamone

pour l'atelier d'écriture de Leiloona

Photo: © Romaric Cazaux

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 15:49

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© Romaric Cazaux

 

 

Ce qui couvait, on ne savait pas trop.

On se terrait, on se taisait, chacun chez soi, consentant à ce qui se préparait. Les couleurs nous faisaient peur.

On essayait prudemment de sauver les derniers beaux instants.

En surface tout semblait calme. Ordinaire. Pas un souffle.

Mais les murs se fissuraient, les tensions se multipliaient, on attendait. La bête sortirait des murs peut-être nous dévorerait. On aurait pu se préparer tous ensemble peut-être on pouvait y arriver. Mais on préférait ne pas y penser. Nous étions chute les yeux fermés.

 

 

Cardamone

pour l'atelier d'écriture de Leiloona

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 09:01

 DSCN0593

 

La lumière et la chaleur sont de retour, et avec elles l'envie de douceur, de langueur, de nonchalance...

C'est bon, et ça soulage. Même si le monde ne va pas mieux se raccrocher à ces futilités sans prix, sans venin,

sans violence...comme un naufragé à une bouée!!!! C'est dans cet état d'esprit que j'ai ouvert le livre de Francis Dannemark...Avec en plus, l'envie de me rapprocher de cette Alice qui comme moi ne pense jamais à rien!!!!

 

Et voilà qu'une fois de plus je suis tombée en amour...Comme elle est touchante cette histoire, comme elle est simple,

comme elle est vivante! C'est le tracé d'une vie que l'on pourrait croire improbable, tant elle est étonnante et surprenante, mais c'est l'histoire de plein d'autres vies aussi.

A la faveur de l'enterrement de sa mère, un homme se rapproche de sa tante qu'il méconnaissait parcequ'il en va ainsi de la vie et des gens. Tous deux se retrouvent plusieurs soirées de suite, et remontent le chemin du temps et de la vie tumultueuse d'Alice. Les derniers pas stoppent devant une réalité qu'on n'attendait pas, mais qui s'impose d'elle même...Certaines personnes ont des destinées incroyables. Alice en fait partie, elle n'a rien fait pour, si ce n'est marcher son petit bonhomme de chemin , prendre l'amour comme il venait et vivre son histoire à la croisée de celles des autres.

 

Une petite perle comme une larme de peine ou de joie.

Un ouvrage à lire sans hâte, et à laisser poser sur la pierre chaude d'un muret, ou d'un banc quelque part  dans la lumière du soleil levant ou couchant! Des phrases à garder au coin du coeur et à méditer dans la tièdeur d'un soir! Une ode à la vie à chanter à voix douce...comme une berceuse :

 

"C'était une citation de Mark Twain :"let us so live that when we come to die, even the undertaker will be sorry"..."

 

"Si je perds la mémoire, Sydney et Maggie vont disparaître, et Pierre, et Henri, et les autres. Mais si tu écris leur histoire, ils resteront encore un peu"

 

"Tous les hommes sont mortels, Alice. Tous les hommes surtout les maris"

 

"Les seules personnes normales, ce sont les gens qu'on ne connaît pas. Et dés qu'on les connaît un peu, on voit vite qu'ils ne sont pas comme tout le monde, parceque ça n'existe pas des gens sans bizarreries."

 

  SAM 1772

Bonne et douce lecture!

Bergamotte

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 21:25

 

 

Un loup hurle silencieusement en nous

L'entends-tu?

Le bruit de moteur de la vie recouvre tout

Pas le temps d'entendre le loup

Ni l'air

au tintement de cristal

On file avec les jours

Vers où

Sans savoir

si je touche ton coeur encore assez

pour sentir palpiter tes rêves

de monde entier

trembler ta lassitude

de nos odeurs usées

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 20:32
Daniel Firman

Daniel Firman

 

 

 

Une épidémie étrange s'abattit sur les hommes du Royaume des Objets - ils perdaient leur visage et leurs couleurs aussi. Pour guérir, il suffisait de renoncer à tout ce qui ne servait à rien - se libérer du maléfice aveuglant des Objets, retrouver la chaleur des liens fraternels. Rares étaient ceux qui y parvenaient. La plupart préféraient rester ainsi.

 

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 17:55

http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2013/06/banc.jpg

           © Romaric Cazaux

 

Les gens de chair et d'os étaient trop rapeux   il s'y faisait mal

Décalé    cabossé     rescapé

lire était sa bouée

Le pas des mots dans sa tête recouvrait les bruits de métal des chaînes du monde réel   l'effroi du cri de loup garou qui ne sait comment être lui   le crissement aigre de la laideur du monde qui sans prévenir vous met sous cloche et vous étouffe savamment

S'enfoncer dans la douceur ouatée de ce qui n'existe pas qui seul laissait son moi réel cesser d'être illusion, cloche fêlée sonnant creux et faux   Se remplir sans effort comme le pot vide plongé dans l'eau fraîche d'une fontaine chantonnée

Les mots avaient le pouvoir d'endormir les dragons - un temps au moins c'était déjà beaucoup - faire bourgeonner l'arbre squelette dont les branches dénudées griffaient déchiraient son ciel  - bâtir un mur arrêtant la violence des vents d'amertume du monde

Peut-être un jour il plongerait définitivement dans les pages d'un livre et n'en sortirait plus.

 

 

Cardamone

pour l'atelier d'écriture de Leiloona

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 15:36
DSCN0503.JPG
 
"Et chaque nuit le peuple danse
En douceur
Croit qu'il peut exorciser
La douleur
Puis lentement quitte les transes
En douceur
Alors revient dans sa conscience
Sa douleur
Au fond de lui sent cette peur immense
De voir mourir ce sentiement d'amour intense..."
 
 
Etrange comme les paroles d'une simple chanson peuvent trouver des échos aujourd'hui encore.
Les hommes tombent dans les rues du monde, les enfants pleurent dans les gravats, les mères
 serrent la poussière sur leurs coeurs. Et tandis qu'aux micros on s'affole, dans l'ombre, un démon
s'esclaffe et doit sourire encore...
 
 
Faisons que tout cette violence cesse.
 
 
Bergamotte
 
 
 
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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 12:01

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kilooe8.jpg

 

Vendredi, il pleuvait (Dieu que je suis originale!!!!) pour échapper à cette pluie omniprésente, je me suis plongée

dans trois mangas. J'ai les yeux noisette, cependant quand j'ai levé mon nez de ces trois ouvrages, ils avaient changé de couleur, le ciel dehors aussi, et à vrai dire un peu tout ce qui m'entourait...

 

Kylooé ça veut dire rêve, et  little thunder : l'auteur de ces trois mangas nous y entraîne bien vite. Dans le premier tome, une jeune fille Lanyue, qui a du mal à s'intégrer dans son lycée. Elle a également du mal à obtenir grâce aux yeux de ses parents omnibulés par les qualités de sa soeur aînée partie étudier à l'étranger. Lanyue est donc bien triste, elle songe, se réfugie dans sa chambre pour y écouter de la musique, mais seule...Quoi qu'un beau jour, le petit monstre qui figurait sur la pochette d'un CD prend vie dans sa chambre. C'est là que commence à exploser la lumière en taches multicolores, qui finissent par éclabousser le lecteur.On plonge à la vitesse grand V dans un rêve étrange...Cette idée du rêve qui sauve de tout m'est chère...L'évasion sous le nez de tous...être là sans y être...tomber du ciel....Bref, un premier opus que j'enfilais comme une bonne vieille paire de chaussettes douces et toutes propres...

 

Lisant vite, je passais au second tome....c'est mon coeur qui a été bousculé cette fois. Les souvenirs amoureux de Lin Sanyi, un jeune étudiant harcelé par sa nouvelle petite amie sur le sujet...L'air de rien, on s'attache à l'objet de l'amour de ce jeune homme. Comme lui, on sourit pour ne pas pleurer, pour ne pas montrer que nos sentiments, bien qu'anciens, enfouis sous des tonnes de feuilles mortes, sont là, bien vivaces, comme ces plantes qui semblent mourir en automne et reviennent encore plus belles au printemps suivant...Nostalgie...quand tu nous tiens.

 

Lecture! quand tu me retiens, j'attaquais directe le dernier tome...Cette fois je découvre un monde où on ne montre pas ses émotions...Si par malheur, une larme, un rire, vous échappe...vous vous retrouvez à croupir dans un camp, où l'on vous éduque à l'impassibilité, l'absence d'émotivité, le néant des sentiments...Qu'il est terrifiant ce monde où tout est effectué avec diligence et docilité, tout le monde suit les lois promulguées aussi absurdes soient-elles, le politiquement correcte, ce, sans moufter...Comme il serait horrible de vivre dans un monde où l'on ne pourrait aimer, sourire, se donner la main, s'embrasser, et pleurer quand on est triste ou malade, ou heureux...Vous ne pouvez pas vous imaginez comme ce monde serait choquant...

 

Je referme ce dernier manga songeuse...Dehors il pleut...Autour de moi le silence, dans la rue sur la grande avenue, muet pour cause de double vitrage, le serpent des embouteillages de 17h n'en finit pas d'onduler spasmodiquement obéissant aux feux de signalisation...J'aimerais là, tout de suite, un ami imaginaire qui m'envolerais au pays des souvenirs pour y faire éclater des rires à fond le coeur dans les barbes et au nez des choses si bien pensées!

 

Bergamotte...tu n'es pas raisonnable...Cesse de râler...prends ton petit morceau d'os en plastique et ronge, ronge dans ton petit panier...là, comme ça, c'est bien...Tout le monde a ses petits soucis...

 

 

 

 

 

Bergamotte

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 21:24

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           Romaric Cazaux

 

 

Par hasard - mais était-ce un hasard - il l'avait retrouvée. Elle le narguait dans la vitrine. Elle n'avait pas changé d'un pli, resplendissante, offrant ses trompeuses promesses aux alouettes écervelées qu'elle faisait rêver.

 

Natacha était la plus belle et la plus douce des femmes. Sans conteste. Oh lui il la regardait de loin. Elle n'était pas pour lui. Trop belle. Elle hantait ses nuits. L'obsédait le jour. Il n'osait lui parler. Il n'imaginait pas pouvoir vivre sans elle. C'était sa folie, ça le minait, souris noire grignotant méticuleusement, sournoisement, chaque jour un peu plus, tout lien le rattachant au réel. Alors quoi. C'était comme un supplice infernal, il ne pouvait pas continuer comme ça. Il ne serait pas le premier à sauter le pont, la vie n'est pas un cadeau pour tout le monde, il ne faut pas croire.

 

Et c'est là que le nabot s'était approché de lui.

"Vous avez tort, vous avez tort mon bon monsieur. Je suis laid, je suis affreux, c'est un fait, mais je possède des trésors. J'ai de quoi exaucer vos désirs les plus fous."

Il lui avait montré la robe. Une robe comme ça, éclatante et toute frémissante, même sans personne dedans, quand on a les idées grises, ça vous fait tout drôle.

"C'est très simple, voyez-vous. Vous l'offrez à l'élue de votre coeur, et si elle la revêt, c'est gagnée, elle est à vous, toute à vous."

Non, il n'y croyait pas. Pas vraiment. Mais quand on n'a rien à perdre, vous savez, ça ou se jeter dans l'eau froide... C'était toujours un beau cadeau à faire, le nabot la lui filait gratis, il n'en avait plus d'usage disait-il. C'est si rare qu'on vous file quelque chose gratis.

 

Natacha, la robe lui allait à ravir. Elle était encore plus belle, irréelle de beauté.

 

Enfin, vue de loin. Quand elle s'approcha et que son regard tomba sur lui, elle se mit à faire des yeux de merlan frits qui la rendait un peu moins charmante. Elle s'approcha encore plus près et lui murmura:

"Epouse-moi. Epouse-moi sur le champ. Je te veux dans mon lit ce soir."

Il se recula avec dégoût. Cette femme était folle. Et tout bien considéré, pas si belle que ça. Bertrand quitta le pays et n'y retourna plus jamais. Mais cette robe, comment avait-elle bien pu atterrir là?

 

Cardamone

pour l'atelier d'écriture de Leiloona

 

 

 

 

 

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