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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 21:58

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 14:13

 

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Le réveil avait sonné clair et fort. Que déjà elle se sentait faible et fatigué. Sa tête retombait sur l’oreiller d’où émanait la douce chaleur de sa nuit. Ses paupières restaient obstinément fermées et insensibles aux influx nerveux que tentait de lui transmettre son cerveau. Je viens à peine de me coucher, ce fichu réveil délire…se dit-elle en faisant remonter son drap blanc sur son épaule, et en se tournant vers le sommeil. Ce dernier lui ouvrit grand les bras et l’enlaça derechef… Le réveil sonna haut, clair et fort pour la quatrième fois, ses paupières se déchirèrent sur ses yeux larmoyants…il fallait se lever.

 

 L’eau coula agressive de fraîcheur et de vivacité sur ses épaules et ruissela  en couronne autour de son front appuyé contre le carrelage de la douche. Elle s’en extirpa mollement en sentant l’odeur du café s’insinuer dans la salle de bain. Elle but sans conviction le breuvage noir  et serré qui devait lui donner l’impulsion pour se jeter dans sa journée. Elle fixait sans le voir le calendrier défraîchi et en retard d’un mois, punaisé en face d’elle. Elle détrempa sa biscotte qui en sortant de sa tasse s’effondra aussitôt, en un éboulis pâteux. Dépitée et contrariée, elle laissa là ce simulacre de petit déjeuner, attrapa ses sacs et claqua la porte plus fort que pouvait le supporter sa tête embrumée.

 

Dehors, le monde s’agitait…pour qui, pour quoi, lui seul semblait le savoir. En tous cas elle se sentait toujours aussi étrangère à cette vie ce matin…Elle se mit cependant en route, bousculée, repoussée, agacée, happée…posée sur un coin de banquette de tram, délavée, avec pour parfum d’ambiance celui fort mélangé qui caractérise les masses humaines au petit matin. Parfum synthétique qui veut sentir très bon et qui prend le cœur et la gorge plus qu’il n’ honore ceux qui le portent, et ceux qui le sentent. Une petite demi-heure de ce traitement et elle débouchait sur l’esplanade en face de son travail.

 

Saluer tout le monde et répondre que oui ça allait et penser en soit même, non, j’ai encore envie de dormir…Mais n’en rien laisser paraître et étendre un large sourire sur son visage un peu froissé. Aller se réfugier derrière les panneaux salvateurs qui l’isolaient un tant soit peu de ses collègues si épanouis qu’ils en semblaient suspects. Qu’est-ce qu’il s’injectaient pour être si…vifs ?Elle quitta à regrets son blouson, et l’accrocha sans conviction au coin d’une des cloisons de fortune. Sa hanche frôla une pile de dossiers et cette caresse suffit à faire glisser en cascade, pèle mêle  sur la vieille moquette orange, tous les rapports dont dépendait la marche de l’univers et dont l’analyse lui incombait…Elle passa la matinée à tout reclasser…Sa nuque était douloureuse, et les tasses de café noir se succédaient à un rythme régulier aux abords de ses lèvres. La tête dans les mains, elle entreprit ensuite de se concentrer sur le contenu des dossiers. A l’abri de ses doigts, elle ferma quelques secondes ses yeux…puis sursauta lorsqu’une liasse de courrier atterrit dans un claquement sec, sur le haut de son ordinateur. Elle avait semble-t-il légèrement sombré. Le rire de pouliche de sa voisine de bureau la fit frissonner…Oh ! vivement ce soir…l’heure de dormir…le silence douillet de sa chambre, et la lumière douce de sa lampe de chevet…Plus ces néons implacables qui vous rincent de leur faisceaux verdâtres…plus ces talons qui claquent, ces rires qui explosent on ne sait ni pour qui, ni pourquoi…plus ces sonneries infernales de téléphones qui désespèrent qu’on les achève en décrochant le combiné…Juste elle et le silence.

 

Elle renonça à la pause déjeuner, elle avait l’estomac noué par la caféine, et ne se sentait pas la force de s’immerger dans l’océan des bavardages multiples et croisés…Rester assise et attendre que ça passe. Elle s’étira autant qu’elle put, puis fit rouler ses épaules crispées…Elle renversa sa tête lourde sur le dossier de sa chaise, en se tassant sur elle même. Elle s’accorda une petite pause de rien du tout, qui dura plus que prévu puisque le bruit d’une conversation la tira de sa somnolence. Il était déjà temps de s’y remettre. L’après-midi s’allongea comme un élastique au dessus du vide et elle y évolua tel un funambule épuisé qui craint la chute. Chaque geste lui coûtait, et l’éveil la cuisait comme une volaille sèche…Ses os lui rappelaient qu’elle était faible chair. Taper sur son clavier était une torture, les lettres dansaient devant ses yeux douloureux.

 

Et puis ce fut l’heure qu’elle appelait de tous ses vœux. Enfiler son blouson, saluer brièvement et courir sous la pluie jusqu’à l’arrêt du tram. Monter, se tasser, respirer par petites goulées mesurées, pour ne pas étouffer dans l’atmosphère sale et moite des mille manteaux mouillés de pluie et de pollution. Renaître au prochain arrêt. Et de nouveau prendre son temps. Tant pis pour la pluie, se laisser déplier par le frais vent du soir sur le petit bout de chemin du retour. Un petit tour par la boulangerie, grignoter un morceau de quiche pour en finir avec les cérémonies du quotidien. Et puis introduire le cœur battant la clef dans la serrure. Une chaussure, plus loin l’autre, et là son blouson, et gisant sur une chaise le reste de ses affaires…Ce furent les retrouvailles enfiévrées avec sa couche en désordre. Puis, une fois au creux de son nid de draps, enlaçant, langoureuse, un oreiller moelleux, elle soupira longuement d’aise…Tout en elle se relâchait…Et dormir…

 

Mais…Oh ! ça ne marchait pas !…ses yeux s’écarquillèrent d’effarement, et la pensée s’imposa  à elle, tandis qu’un millier d’autres envahissaient son esprit : elle n’avait plus sommeil.  

 

 

 

 

 

Bergamotte (la marmotte)

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 21:49

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Diane Bryers

 

 

Le rire est probablement destiné à disparaître. On ne voit pas bien pourquoi tant d'espèces animales éteintes, le tic de l'une d'elle persisterait. Cette grossière preuve physique du sens qu'on a d'une certaine inharmonie dans le monde devra s'effacer devant le scepticisme complet, la science absolue, la pitié générale et le respect de toutes choses.

...

Voici comment on pourra interpréter dans ce temps le jeu aboli du visage:

"Cette espèce de contraction des muscles zygomatiques était le propre de l'homme. Elle lui servait à indiquer en même temps son peu d'intelligence pour le système du monde et sa persuasion qu'il était supérieur au reste."

 

Marcel Schwob - Essai de paradoxe sur le rire

 

 

 

 

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 12:29

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Il avait tout prévu, pausé une journée de repos des mois à l'avance, prévenu tous ses proches et moins proches que ce jour là, il serait absent.

 

Ce matin, il avait bien aperçu ce petit trait gris sous ses volets qui lui disait qu'il faisait jour, mais il lui avait résoluement tourné le dos, en rabattant sa couette sur son épaule.

 

Non, cette année il n'y aurait pas de voeux poisseux, de bises onctueuses qui claquent comme des giffles griffues entre deux portes, pas de mousseux éventé qui donne la  nausée à la cantine le midi, pour faire passer le repas du nouvel an concocté en déversant des tonnes de poudres diverses, dans des litres et des litres d'eau...

 

Pas de sourire affecté, la mine suave et affable, à Monsieur Machin et Madame Truc! Pas de "et surtout la santé hein! " ou encore de "et des sous! ha!ha! ça peut servir!".

 

 Cette année, il l'attendait, comme un escargot tapi dans sa coquille, qui  pressent la pluie et frémit en se mouvant en rêve! Personne ne serait autorisé à souiller l'entrée de son année nouvelle! Surtout pas ses collègues suintant l'hypocrisie, sa concierge suant dans l'escalier, sa boulangère à l'affut sous ses sourires mutins, ses voisins bruissant comme des ruisseaux nuit et jour, du sol au plafond...Personne...Aucun...

 

Cette année, il la voulait pure, nue, entièrement à lui! Il l'accueillerait ainsi sans fièvre, sans cotillon, sans tapage...Il lui prendrait la main et la guiderait jusqu'à l'orée de sa vie, dans sa petite intimité chaude et sincère...Il commencerait alors à dénouer la chevelure de ses heures, seul, étonné de temps de liberté, ivre de joies sourdes et de contentement, béat!

 

Volets fermés, porte close,portable éteint, ordinateur débranché, radio hors service, télévision en panne forcée...Où que se pause son regard de dessous les draps, tout était silence! Tout était prévu, tout était suspendu à sa volonté! Rien il ne se passerait rien qu'il ne souhaita lui d'abord, et à lui seul!

 

Alors dans le silence de sa chambre que rien ne troublait, il commença à formuler mentalement son joyeux et merveilleux souhait de bonne année à lui même! Roulant les "r" comme une gourmandise en bouche, faisant exploser les "b" comme des petites bulles, traînant oisivement sur les "n"...Il mêla intérieurement ses phrases en un juteux salmigondis jusqu'aux comissures de ses lèvres. Il inspira et soupira en laissant les mots s'envoler...

 

Mais à sa grande surprise, il ne se passa rien...Aucun bruit, aucun son, pas l'once d'une modulation...Il retomba interdit, inerte, comme plaqué entre deux feuilles de draps et une épaisseur de couette...Il était aphone.

 

 

 

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(image du net)

 

 

Souhaitez ce que vous voulez!

Et surtout voulez ce que vous souhaitez!

 

Bien sincèrement!

 

 

Bergamotte

 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 21:31

 

Avec les meilleurs voeux et souhaits d'une fan incontestable de lapins...

 

 

 

 

 

 

Bergamotte (avec deux t : j'insiste et je signe!)

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 16:11

 

Le dernier freddy que j'ai eu dans ma vie, c'était freddy kruger...Et il ne me faisait pas vraiment rigoler, même que rien que le fait de citer son nom me donne un peu le mal de mer!

 

Et puis il y a eu Fready togo...Lui là haut...et ma vie a changé... Avant, il y avait des matins, des midi, des après-midi, et des soirs...Maintenant, il "y'a des Matiiiyn!" et "ça va d'aller!"

 

Mais pourquoi je me compromets comme ça me direz-vous? Je sais pas, comme dirait le grand philosophe José "on va où? lyliane? on va où?"Je sais pas...Vraiment je sais pas....Vous trouvez pas que ça tient un peu du bipolarisme d'aimer les bêtises comme ça?Car attendez, je ferais également n'importe quoi pour certains bonbons ou chocolat!!!! Moi ça m'interroge, mais je sais que comme les enfants devant une flaque, chaque fois que je peux mettre les pieds dedans...je saute! Bon c'est pas tout ça mais "y'a des soaaar!" et là c'est l'heure de faire la soupe alors ça va bien cinq minutes, je vous laisse savourer...Toutes mes excuses pour ce "brisage" de poésie, de révolte et tout et tout...

Vraiment désolée, mais une fois de temps en temps hein?

 

à l'année prochaine!

 

Bergamotte

 

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 20:48

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