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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 08:27

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Quel drôle de livre que celui de Barbara Constantine "Et puis Paulette...". Intimiste et léger à la fois, traitant de la solitude et de moyens tout bêtes de lui faire la nique, il a le chic pour vous laisser entre deux eaux : celles de la rivière Euphorie, et celle de la rivière Impossible.

 

Quoi de plus élaboré pour briser l'isolement que le rapprochement des coeurs et des corps, pour de vrai ?

 

Attention je ne parle pas de la réalité virtuelle dont nous sommes si fières. Je ne parle pas de tapoter sur un clavier pour discuter avec son voisin, voir même un parfait inconnu. Je ne parle pas d'envoyer la modique somme de...pour participer à la défense de...Je ne parle pas du QR code qui vous renseigne sur le moindre détail concernant la chose  sur laquelle est apposé le signe en noir et blanc. Non je parle d'entrer dans la maison de quelqu'un quand tout vous porte à rebrousser chemin. Je parle de s'assoir à la table de quelqu'un et de faire face à ce bonhomme qui pue parcequ'il se laisse aller depuis qu'il a perdu sa moitiée. Je parle de regarder la détresse des autres avec empathie, et de donner un bon et simple coup de pied dans

  nos frileuses petites barrières de  bienséance. Je dis" je" mais je m'égare, c'est Barbara Constantine qui nous en parle. Alors ok, on est loin des hautes sphères de la littérature...Il n'y a pas de meurtrier sanguinaire qui couche avec la femme de l' inspecteur Bidule,qui a beau être inspecteur mais ne le sait pas...Il n'y a pas de victimes maltraitées au possible dont on va dissèquer les entrailles pour déterminer la cause, l'heure et le motif du meurtre...Il n'y a pas d'amoureuse éplorée assise au bord de la falaise, les pieds dans le vide...

 

Et vous voulez que je vous dise ? c'est pas grave. On a donc Ferdinand et tout un tas de vieilles connaissances. Au début il vit seul dans sa grande ferme...à la fin non...On a une galerie de personnages très attachants dans leurs maladresses, leurs ressentis, leurs vies bien règlées mais qui se dérèglent quand même...J'ai aimé lire cet ouvrage, j'ai détesté que la fiction ne se mue pas en réalité, plus souvent!

 

"Une chose entraînant l'autre, sans le vouloir il a peur de provoquer un trop plein d'émotions, un épanchement de larmes ou un dévoilement de secret. ça ne lui plaît pas du tout. Si seulement chacun essayait de se débrouiller de son côté, la vie serait plus simple!"

 

 

"Il crie...Oh...Y'a quelqu'un?...pas de réponse. Il regarde autour. Personne. Il pousse la porte. Au fond il distingue dans la pénombre une forme allongée sur le lit. Il appelle. Rien ne bouge. Renifle. ça pue Là - dedans...Il renifle encore. Ouh la! ça pue le gaz!"

 

 

Bien sûr il y a plus dans ce livre mais je vous laisse la liberté d'en tourner les pages! Bonne découverte!

 

 

Bergamotte

 

 

 

Pour le Challenge d' Evy


 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 13:17

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La serre

 

Sandrine Bailly

 

Editions du Rouergue

 

 

 

J’écris vite. Le livre que je viens de refermer l’exige, tant fugace et nacrée est son histoire !

 

L’histoire d’une jeune femme, dans un appartement, seule. Elle a perdu sa mère, elle se souvient d’elle. Comme il est doux se souvenir, et précis, et  léger…Mais tellement tenace aussi. Tenace comme un parfum : celui d’un tube de rouge à lèvres, comme un bruit très particulier : celui d’un bracelet sur du bois, comme une couleur rouge : celle du vernis dont sa mère peignait ses ongles… On suit cette jeune femme, qui semble vouloir reprendre le fil de la vie là où il s’est rompu pour sa mère. Partant d’un quotidien épuré et sans vague, on suit son deuil étrange, son flottement entre deux états : vie et mort. On pourrait s’identifier à ce personnage, mais très vite la dimension du rêve prend le pas, et nous rend inaccessible le chemin qu’elle suit.

 

Dire ce qui m’a touchée le plus ? sans doute la douceur et le réalisme de l’évocation de cette mère disparue. Les absents que je connais ont tous quelque chose de violent, de trop fort de trop injuste. Ici la perte est définitive, mais sans aspérités. La peine est diffuse et ce qui rejaillit le plus c’est finalement la vie, ses petits éclats, ses détails quotidiens qui la font et la défont. Sans doute est-ce cela la fin, un moment comme une photo pastel, qui fixe à jamais un moment délicat et précieux comme une ancienne porcelaine japonaise.

 

 

Un très beau livre, en peu de pages. Qui dit tellement avec si petit.

 

 

« Le goût du rouge à lèvres de ma mère. Dans le tiroir de la petite commode de la salle de bains, quelques vieux tubes de rouge, deux ou trois. Une odeur fanée, vieillie. Un tube couleur rose pâle, un rouge un peu soutenu et un brun… »

 

« Il a suffi d’ouvrir le cahier, quelques feuilles pliées les unes dans les autres et tenue ensemble par une ficelle pour voir la main de ma mère tracer cette ligne précise et aiguë. Sa main, vive, légère, retraçant les mots du poème… »

 

 

Bergamotte

 

Pour le Challenge D' Evy


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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 20:09

http://1.bp.blogspot.com/-KMLX0g-1RbU/T9NG5H0dUtI/AAAAAAAAAnc/bG1ENyHqPCE/s400/le_grand_soir_ver2.jpgJ'ai toujours eu un problème avec les zones commerciales, comme avec les caméras partout - ça m'angoisse! Alors évidemment j'ai adoré Le grand soir... comme une dernière note d'espoir dans ces rires provoqués par cette désastreuse logique consumériste déshumanisante: si ça continue comme ça, peut-être qu'on pourra toujours devenir punk à chien - non que ce soit la joie mais au moins, à eux deux, they're Not Dead.

Ben oui, au départ, Jean-Pierre - interprété par Albert Dupontel, excellent - aime la zone commerciale parce que tout y est aux normes, de la literie aux gens... Et puis Jean-Pierre est viré et initié par Not, son Punk à chien de frère, qui le rebaptise Dead.

Certes, les efforts de nos deux héros pour enflammer la zone commerciale - je puis me permettre de vous le dire sans porter atteinte à un suspens inexistant - seront totalement vains. Et on ne fera pas la Révolution en sortant du ciné. Mais bizarrement, malgré la peinture très noire qu'il fait de notre société, malgré son côté dépressif, Le grand soir a quelque chose de libérateur, comme une invitation à sortir malgré tout de ce que notre société peut avoir de mortifère, comme une ode à ce qui reste de fantaisie, de déjanté, de poétique en nous

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 09:53
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Chère Cardamone...
 
Comme l'indique le titre de cette chronique...Sorry... c'est tout ce que j'ai en magasin comme tournesol! magique non?!
 
Mais pas que...
 
 Sorry c'est aussi un thriller que je viens d'achever....Un de ces Thriller dont on ne se remet pas tout à fait...
J'étais partie en vacances avec le ferme espoir de travailler pour le challenge d'Evy...Mais mon roman " Dernières conversations sur le Titanic" m'est tombé très très vite des mains...Alors passage par la papeterie de Castelnaudary, et achat de Sorry (tout le monde suit ça va????).
 
Sorry c'est donc l'histoire d'un groupe de jeunes qui ont grandi sans trop s'en rendre compte. Un jour, le hasard, qui n'en est pas un, les rassemble...Lors d'une soirée de fumettes et d'alcools leur vient l'idée lumineuse de créer leur propre entreprise: une entreprise qui s'excusera à la place des autres!
 
Riche idée s'il en est leur affaire monte très vite en puissance, leur permettant de tirer un trait sur leur vie d'avant, et d'en entamer une plus rationnelle, voir conventionnelle...Mais le passé tout le monde ne s'en débarrasse pas comme ça. Il y a des passés, des culpabilités, des souffrances que rien n'apaise, même l'horreur et la plus méticuleuse des vengeances...
Un tueur ne tarde pas à faire appel à leurs services...et là...les mots me manquent.
 
Ce roman fait parti de la sélection 2012 du Prix des lecteurs (connais pas)...Pourquoi? sans doute parce que Zoran Druenkar fait parti de cette nouvelle génération de tisseurs de polars.Lecteur confortablement installé dans ton fauteuil shabby chic...attache ta ceinture : il va y avoir du charivari, des larmes et du sang...En route pour le cauchemar en live!
 
 
Je me relis....Poésie quand tu nous tiens...Ne vous y trompez pas ce livre n'a rien d'un cadeau, ni d'une excuse... Tiens je rajoute cette musique pour que vous ayez peur : vous ne me prenez pas assez au sèrieux!
       
 
 
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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 18:49

http://www.cannesvupar.com/wp-content/uploads/2012/05/The-Angels-Share-612x300.jpg

 

Un film sympathique et agréable, parce qu'il mélange d'une drôle de façon, presque avec le charme de la maladresse, la dimension du réalisme social (et l'impasse dans laquelle se trouve notre héros) à un truc invraisemblable mais tout à fait réjouissant (qu'évidemment je ne peux pas vous raconter!) - un mélange bien peu harmonieux mais tout à fait savoureux, un peu comme une histoire qu'on se raconterait le soir pour mieux s'endormir, pour faire de doux rêves...

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 19:22

http://md0.libe.com/photo/425753/?modified_at=1337847358&width=476

 

Quand un cinéaste français n'a pas peur de prendre des risques, ça peut être éblouissant, avec des images qui passent et repassent dans votre tête les jours qui suivent. Evidemment, c'est spécial, ça ne plaira sans doute pas à tout le monde, Et qu'il est difficile de parler d'une suite de fulgurances magnifiques, mystérieuses, dont le sens échappe en partie mais qui font vibrer, rêver, qui nous enchantent même lorsqu'elles nous horrifient, portées par l'immense talent de Denis Lavant et d'Edith Scob.

 

Cardamone

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 12:26

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La théorie du Panda.

De

Pascal Garnier

 

Bon alors je ne sais pas, c’est une série, un hasard, une coïncidence…Mais alors faire la lecture de cet ouvrage a été vraiment captivant. Quelques heures, comme une plongée sans bouteille, une apnée de lecture, voilà ce que fut ma confrontation avec le livre de Pascal Garnier.

 

 Dés le début les questions se bousculent : c’est qui ce type ? c’est quoi ses souvenirs ? Il fait quoi dans ce coin perdu de Bretagne ? Qu’est-ce qu’il mijote ? C’est quoi son histoire ? sa vie ? Les pages tournent et les questions demeurent. Le mystère s’épaissit, Gabriel a l’air d’un chic type. Il s’attire naturellement la sympathie des gens qu’il croise. Il  a de bonnes notions en cuisine. Il semble avoir une bonne dose d’empathie vis à vis de ses semblables. Gabriel chouchoute, vient en aide, dépanne, rend service, est disponible…

 

Mais Gabriel a des réactions étranges, des souvenirs tronqués qui mis bout à bout donne l’histoire bouleversante d’un homme que la vie est loin d’avoir épargné. Au moment où l’on s’apprête à verser dans la compréhension, dans le hochement de tête à la « ah ! ceci explique cela », au moment précis où l’on s’apprête à absoudre Gabriel, la mécanique se grippe….

 

Si je veux que vous soyez gagnés par l’envie de savoir, je dois me taire. Un roman noir, mais que l’on a envie de mettre dans la lumière. Un « brasse » sensations et sentiments, qui loin de nous laisser sur notre faim, ne nous procurera cependant pas un bien être éternel.

 

 

Bergamotte  

pour le challenge Douce France d'Evy

Challenge douce France

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 09:15

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Juste une ombre

de

Karine Giebel

 

Un roman noir qui porte bien son appellation ! Voilà ce que je dirais de l’ouvrage de Karine Giébel. Dés les premières lignes une sorte de malaise vous envahit. « la rue est longue. Etroite. Obscure et humide »quand un livre commence comme ça, quelque chose nous dit houlala ! ça va pas être tout rose, tout rose hein ?!

 

Ben non, dans l’univers de Madame Giébel, rien n’est tout rose, tout rose…Avec un style parfois abrupte, vif, tranchant et d’autre fois plus lent, plus descriptif, cette auteur mène tambour battant ses lecteurs au cœur de son intrigue.

 

Elle sait distiller avec dextérité, les sensations qui font mal, les situations qui déboussolent, les personnages qui dérangent. Le désespoir est comme un incontournable entre chaque ligne. Chez elle quand le méchant vous dit que vous allez mourir ben vous mourrez. Vous ne mourrez pas gentiment, dans un souffle, en prononçant de très belles mais inaudibles phrases…Non vous mourrez en vous étouffant avec votre propre sang. Vous mourrez dans les spasmes. Vous mourrez de l’indifférence ou de l’incrédulité. Vous mourrez en pleine rue sous les yeux de tous. Vous mourrez de manière prévisible, annoncée, dans un monde où tout s’explique mais qui n’a rien compris.

 

Les personnages de Madame Giébel, me font penser à des clichés en noirs et blancs de gens atypiques. Ils m’attirent, m’effraient, me donnent la nausée, mais je les regarde quand même Ils ont tous plus ou moins tourné le dos à un moment ou un autre à ce qui les rendait humain : amitié, amour, fraternité, camaraderie , rêves, ambitions, sentiments.

 

En refermant l’ouvrage et malgré une vieille note d’espoir qui semble vouloir retentir à la fin de l’intrigue, je suis soulagée. De quoi ? sans doute que ça ne soit que du papier . Sans doute parce que dans la vraie vie c’est pas comme ça ! On vous accueille, on vous écoute, on ne laisse pas les apparences prendre le dessus, personne n’est dupes ! Et c’est à ce moment là qu’éclate sous mes yeux  le talent de madame Giébel : m’avoir fait croire que son livre bien noir, très morbide et violent n’était qu’une fiction, alors qu’en réalité, il prend racine directement dans le plus chaud de nos peurs primales, et le plus triste surtout, dans notre actualité .

 

Challenge Douce France d'Evy

Challenge douce France

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 22:11

http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/07/Sans-titre.jpg

 

 

Tu es parti 

Je me suis dit

Tout est fini 

Tout est mépris

A mon avis

C'est pas ma vie

 

La vie s'en va

La vie c'est ça

La vie c'est noir

C'est qu'du cafard

Y a rien à faire

Faut changer d'air

 

Tu m'as souri

C'est reparti

Une nouvelle vie

je t'ai dit oui

A mon avis

C'est mieux ainsi

 

La vie ça va

La vie c'est ça

C'est pas la mort

C'est plutôt fort

La vie c'est rouge

La vie ça bouge

 

A mon avis

C'est du joli

la vie

            ça va

des fois

                ça vient

Et c'est comme ça

C'est plutôt bien

 

 

Cardamone

pour l'atelier d'écriture de Leiloona

 

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 19:17

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/3/7/6/9782867465673.jpg

 

Il y a beaucoup de vie et d'énergie dans D'acier, beaucoup de beauté et beaucoup de laideur, "du bleu partout, à l'infini, le ciel et la mer ensemble. Tellement de bleu à en chavirer. Le silence limpide du soleil", et le mur des barres d'immeubles, la désolation, la misère -"comme la vie et la mort qui s'insultent".

 

Il y a du désir et de la violence, beaucoup de sensations et d'émotions - désir incestueux, désir interdit, désir de meurtre "dans ce pays de merde" où "les femmes se font tuer par leur mari et personne ne dit rien" - désir de vengeance

"Elle aurait voulu le voir crever là, écroulé par terre agonisant...

Après lui rouler dessus avec la voiture, l'écrabouiller sur la chaussée, le réduire en bouillie, comme le ver de terre qu'il était."

Mais aussi des instants de pure sensation

"Elle entrouvait la bouche et percevait l'arrière-goût de poils de chat et d'algues si fort à cet endroit. Elle ressentait tout, elle n'était que sensation"

 

D'Acier est sans doute un bon roman social, mais c'est avant tout un livre plein de vie - Sivia Avallone une Zola des temps modernes, mais avec vue sur l'île d'Elbe.

 

Cardamone

 

Comme le dit très justement Lucie "Un excellent roman sur la misère de la Toscane ouvrière et sur cette période de la vie où l'innocence se perd mais où les rêves se forment."

 

 

http://3.bp.blogspot.com/-UxBxOfBL4fM/T5GFwPcqv7I/AAAAAAAABJk/e8ZOhR1Xjto/s320/NatGarAndBlue.jpg 1ère étape du voyage en Italie

 organisé par Nathalie 

 

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