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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 16:07

 

 

 

 

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J’ai mal. Comme une pointe là, au creux de moi. Un point fixe et lancinant, que je ne parviens pas à atteindre. J’ai si mal que ma vue s’obscurcie, et que je ne distingue plus rien autour de moi. Tout est comme floue et imprécis, je ne sais plus où je suis…

 

Pourtant je me souviens ce matin, la fraîcheur de l’aube naissante. La lumière bleutée de la nuit qui s’efface, et très vite, déjà, les premiers rayons effrontés du soleil qui m’effleurent. Je suis si bien, je ne bouge pas, je reste suspendu entre nuit et jour, sommeil et éveil, rêve et vie. Loin en haut je perçois les chants des oiseaux. Leurs vols qui fendent l’atmosphère comme des lames rapides et agiles. L’air est frais, et se répand en moi comme une rosée bienfaisante. Un petit vent léger fait osciller les tiges des fleurs, ébrouant  leurs pétales qui laissent s’enfuir des parfums capiteux et gourmands.

 

Le gros coq a depuis longtemps poussé son chant du jour. On entend des vies qui se mettent en marche. Des moteurs qui ronronnent dans le lointain, en laissant derrière eux des volutes de vapeurs d’essence. Il fait bon, je suis indifférent à cette agitation . J’ai l’humeur languide, mon tonus est en berne. Mais rien ne me presse, je suis mon propre chef, je décide où, je décide quand. Et là j’ai décidé de me laisser bercer, c’est tout.

 

Le soleil  donne sur les plans de fraisiers…Je sent leur arôme sucré et coquin qui flotte au dessus de moi. C’est si fort que je peux voir leurs surfaces de fruits audacieux, piquetées du jaune de leurs grains . Je vois même les craquelures rougeoyantes de ceux qui n’en peuvent plus d’être mûrs et éclatent de bien être sans attendre la main qui cueille. Les tomates ne sont pas loin, je les devine toutes fières, pendant comme des pendeloques vaniteuses, bombant toutes leurs circonférences pour attirer l’œil. Je pense à leur saveur métallique, à leur jus piquant et acide quand elles sont vertes. Tous ces sucs en attente. Toute cette vitalité retenue comme en des sacs de peaux multicolores. Du vert, du rouge, du jaune, rien n’est trop beau, ni trop éclatant pour parer  le jardin d’attraits. Et toute cette débauche me convient au cœur de ce matin…Je suis bien…

 

Non, j’ai mal…C’est atroce…Je suis paralysé…j’essaye de rouler sur ma gauche, puis sur ma droite, mais je ne fais que relancer  la fulgurance de cette douleur. Il fait chaud, j’ai du mal à respirer…Non ce n’est pas la bienfaisante chaleur de tout à l’heure. C’est une moiteur, une touffeur, qui me tue lentement. J’ai mal, et je ne respire plus…je voudrais que s’éteigne la lumière qui scintille au dessus de moi, mais rien à faire, elle persiste comme cette écœurante odeur lourde qui me laisse engourdi. Depuis cette ombre froide qui m’a pris brusquement là-bas, qui m’a fauché en plein envol juste là au secret du jardin , tandis que je rêvassais à l’ombre d’un brin d’herbe…

 

 

 

Bergamotte

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 21:05

http://www.iconovox.com/blog/wp-content/uploads/2009/01/chimulus-soldes.jpg

 

Daniel Schneidermann:

 

"Désolé d’interrompre la conversation nationale sur Depardieu, nouvelle idole des jeunes en Mordovie, mais je voudrais juste vous signaler une petite nouvelle, qui vous a peut-être échappé : l’austérité, c’était une erreur. Oui, je sais, rien de neuf, on n’arrête pas de le répéter ici, notamment dans les chroniques de l’éconaute. Mais cette fois, ce n’est pas seulement nous qui le disons.

Ce sont deux types nommés Olivier Blanchard et Daniel Leigh. Vous ne les connaissez pas, je sais bien. Et vous avez des excuses : ils n’ont jamais revêtu la blouse nationale de Mordovie, et ne se sont pas prononcés, à ma connaissance, sur l’euthanasie des éléphantes. Ils n’ont donc aucune raison de passer au 20 Heures. Mais l’un (Leigh) est économiste au FMI, et l’autre (Blanchard), chef économiste dans la même estimable institution.

Et donc, dans un colloque économique en fin de semaine dernière, ils ont admis un léger bug dans les calculs. En fait, voyez comme c’est ballot, au FMI, dans un moment de distraction, ils ont mal réglé leurs ordinateurs. Et ils avaient juste sous-estimé l’impact négatif des politiques d’austérité sur la croissance.

Faux coefficient de calcul

En gros, ils ne pensaient pas que l’austérité assécherait à ce point la demande, et donc l’économie. Si si, je vous jure que c’est vrai, leur coefficient de calcul était faux, la reconnaissance de la grosse boulette est attestée sur des sites sérieux, ici ou .

Ils ne savaient pas, comme le rappelle Paul Krugman dans le New York Times, qu’en économie, mes dépenses sont tes revenus, et mes revenus sont tes dépenses. Ça doit être une question de formation continue. Il faudrait accorder quelques jours par an de formation continue aux chefs économistes du FMI.

Evidemment, ce n’est pas le FMI, en tant qu’institution, qui reconnaît qu’elle s’est trompée. Ces choses-là ne se font pas. Blanchard et Leigh, ils ont bien pris soin de le préciser, s’expriment à titre personnel. Bien sûr, bien sûr. Et c’est forcément pour cette raison qu’à l’heure où j’écris, cette nouvelle a totalement échappé aux médias français (à quelques exception près, ndlr de Rue89), et accessoirement au gouvernement français.

Sinon, on imagine bien qu’on ne s’écharperait pas sur le nombre de demandes de naturalisations belges, sur le régime fiscal en Russie et sur l’euthanasie des éléphantes. Franchement, je ne vois aucune autre raison."

 

http://media.urtikan.net/wp-content/uploads/2013/01/130110-fmi-austerite.jpg

 

Bon de toute façon, l'austérité, erreur économique, est avant tout horreur humaine et comme le disait Keynes "les décisions humaines engageant l'avenir sur le plan personnel, politique ou économique ne peuvent être inspirées par une stricte précision mathématique, puisque la base d'une telle prévision n'existe pas"

 

à lire sur le sujet Dan

 

et si vous préférez une vidéo:

 


 

 

 

 

 

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 19:17

http://www.airfrance.com/FR/common/common/img/dest/rio_de_janeiro.jpg

 

 

Sur l'invitation de Suzâme, vive la fête! vive la poésie!

 

Trop vénéré livre de compte

Ecrase   Etouffe

une fleur  deux joies

j'ai peur

 

 

                                    Légère le temps d'une fête

                                    Hurler la joie à tue-tête

                                    Effacer l'ardoise grise

                                    Rêver au temps des cerises

 

 

      L'instant d'une danse au moins

      Revivre à fleur de l'humaine

      Pulsation de nos délires

      Délions l'arbre aux merveilles

      Délivrons tous les soleils

      Réveillons notre autre vie

 

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 10:15

5_schnee-engel.jpg

 

Elle était blanche et douce,

Une sorte de mousse.

Brillante et satinnée,

comme un voile lacté.

Cédant à son appel,

Sans me méfier d'elle.

Je mis mes doigts fièvreux,

Dans ses longs cheveux bleus.

Ses yeux s'ouvrirent soudain

Sur des abîmes carmins.

Elle attira ma gorge,

Et d'un souffle de forge,

Figea, sans bruit et sans merci,

Mes rires, mon coeur, ma vie.

 

 

 

 

 

 

Bergamotte

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 15:53

 mon-meilleur-ami.jpg (photo prise sur le net)

 

Quelque part en Australie, Ashmol un jeune garçon suit sa sœur kellyanne des yeux . Elle l’énerve cette petite sœur à parler toute seule toute la journée. Elle soutient qu’elle n’est pas seule, et qu’elle parle à ses deux amis Pobby et Dingan…Mais ces deux là, on ne les a jamais vu, ni entendu, pourquoi ? simplement parce qu’ils n’existent pas. Pobby et Dingan sont les amis imaginaires de la petite fille. Elle y croit dur comme fer, rien ne lui ferait renoncer à cette amitié extraordinaire.

 

Je ne peux pas en dire plus sinon je soufflerai sur la poussière d’or magique qui nimbe cette belle petite histoire. Je ne dis pas cela pour dénigrer, je réalise juste le périlleux exercice qui consiste à faire passer une bulle de savon dans la main d’une autre personne sans que cette bulle n’éclate. Vous ne passerez pas des heures et des jours à lire ce récit, mais il se gravera en vous, quelque part, en enfance, ou en rêve. Vous en sourirez ou vous en pleurerez, mais vous n’y serez pas totalement indifférent pour peu qu’à un moment ou à un autre, au cours de votre lecture vous vous soyez demandé : « et si c’était vrai ? ». Allons tendez votre main j’y dépose une plume fragile et forte à la fois : Pobby et Dingan de ben Rice!

 

 

« Ecoute-moi Sid .Je n’ai rien pillé du tout. Je ne suis pas un voleur. Je cherche les amis imaginaires de ma fille et t’as intérêt à me croire, mon gars ! »

 

 

 

« Et le reste du monde nous prend pour des fêlés, mais ils peuvent bien parler à leur derrière, je m’en fiche. Parce que ce sont juste des cinglés qui ne savent pas ce que c’est que de croire en quelque chose qu’on a du mal à voir, ou de continuer à chercher quelque chose qu’on a vraiment du mal à trouver. »

 

 

 

Bergamotte

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 00:12

  Jean-François Rauzier

 

Grimpe monte vers où le sais-tu

Non mais peu importe si tu t'égares en route

Dans le fatras des enchantements peut-être auras-tu vu

A l'ombre des statues aux croisements de nos doutes

Qu'il faut prendre le temps et le goût de la vie

L'escalier que nous gravirons des grandeurs aura la folie

 

 

Alors ne t'arrête pas avance

avance encore

sur la marche des jours sans trêve écoute écoute le silence

et pourtant je t'en prie avance avance encore

sur nos rêves enlacés peut-être tu trouveras le Nord tu trouveras de l'or

à tâtons en toi-même en moi enchevêtrés

ce sera à n'y rien voir et à n'y rien comprendre

et pourtant tu verras – des secrets des mystères

l'amour de la tristesse et la haine de l'amour

ne ferme pas les yeux accepte et laisse faire

ne laisse pas tout tomber aux marches du Palais

tu sais la rivière est profonde mais laisse-là te prendre

tu verras et malgré le bonheur et malgré la douleur

ça va ça va aller

 

 

Et la marche des jours et la marche des rêves

Ça va ça va toujours

Ça s'use et ça nous use mais ça nous porte encore

Plus haut parfois moins haut va savoir mon trésor

parfois elle semble longue mais je crois qu'elle est brève

Tes pas sur le tapis réveilleront qui sait quelque monstre endormi

Sans arme tu combattras et nous resterons là

Blessés par la chamade d'un cœur meurtri trahi

Pourtant tu grandiras pourtant tu vieilliras

Et ta vie ma beauté un jour s'arrêtera

 

 

 

 

 

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 10:31

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Tandis que les petits soldats du quotidien,

Marchent comme si de rien...

je veux, la tête en arrière,

M'innonder de lumière

et m'assoire sur un banc heureux,

Même si il pleut.

 

 

 

 

 

Bergamotte

 

 

(image peinture de Charles Edward Perugini)

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 21:49

http://3.bp.blogspot.com/-hTC6y0KYiSQ/UM4rLbqKgKI/AAAAAAAACFQ/-2JCUxHhFoo/s1600/Hilda+3.jpg

Diane Bryers

 

 

Le rire est probablement destiné à disparaître. On ne voit pas bien pourquoi tant d'espèces animales éteintes, le tic de l'une d'elle persisterait. Cette grossière preuve physique du sens qu'on a d'une certaine inharmonie dans le monde devra s'effacer devant le scepticisme complet, la science absolue, la pitié générale et le respect de toutes choses.

...

Voici comment on pourra interpréter dans ce temps le jeu aboli du visage:

"Cette espèce de contraction des muscles zygomatiques était le propre de l'homme. Elle lui servait à indiquer en même temps son peu d'intelligence pour le système du monde et sa persuasion qu'il était supérieur au reste."

 

Marcel Schwob - Essai de paradoxe sur le rire

 

 

 

 

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 14:14

 

Noel-2012-151.JPG

 

 

 

Si j'ôte ma moustache

mes lunettes mes cheveux

- Adieu

Rien

qu'un vide bruineux

une tache

un amas filandreux

 

 

 

Pour l'atelier d'écriture de Leiloona

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 20:08

2012-Ete-Toussaint-187.JPG

 

 

Ce jour-là la lumière se fit caresse et l'enveloppa comme pour la guérir de sa blessure avec une infinie douceur. Elle lui prit la main en lui murmurant les mots qu'elle avait toujours rêvé d'entendre, des mots de couleur redonnant force d'aimer   de chanter - même faux -  de résister,  des mots de bois et de soie qui font grandir - mais grandir vraiment, pieds sur la terre, tête dans le ciel, main dans la main de frères et soeurs dont les grimaces pour rire, les murmures pour adoucir et les danses échevelées de révoltés la portaient un peu comme si elle faisait la planche sur les nuages - c'était si bon. Cela ne dura guère - comme la fête, le désir, les enfants - la vie.

 

Mais toujours un peu de cette lumière resta au fond de sa poche et dans les jours les plus sombres elle en versait un peu au creux de sa main pour ne pas se perdre.

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