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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 15:54

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(photo Lee Jeffries)

 

J’ai beau, et mal, faire…Tu es muette quand tu me parles. Je vois tes lèvres s’évertuer à me tricoter des discours. Peine perdue, je ne  comprends plus. Je glisse sans m’accrocher sur tes paroles,  tes complaintes, et tes craintes. Je glisse comme une égarée au carrefour de tes dialogues sans rien faire pour me retenir…Ta gorge est stérile à mes tambours, tes notes fades à mes enclumes. Je n’entends plus mon cœur qui bat, alors le tien… Ne m’en veux pas ! Les fureurs de la vie m’ont tant soufflé dessus que je ne perçois plus, ni tes "je t’aime", ni tes soupirs, ni ton souffle en train de tarir. Mon âme est cailloux pur que rien ne grave, ni ne suture. Perdue en moi même, je me promène dans l’indifférence ouatée du silence, mon bien aimé. Dans les plaines écorchées de ma peine, je contemple sans rien dire, les phrases tronquées et les délires. Et partout les éclats de rire sont comme des grimaces de vampires plantées dans une grande absence. Ne me dis rien, ne me parle pas…Car enfin ne vois-tu pas que je suis sourde et plus comme toi?!

 

 

 

Bergamotte

 

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Published by bergamotte et cardamone - dans Images et mots
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commentaires

Carmen P. 10/03/2014 16:27


Parfois la douleur est telle que seuls la solitude et le silence sont supportables. Tout contact devient agression. C'est le signe d'une douleur trop vive, physique ou morale (dans ce cas elle en
devient physique, à cause des connections nerveuses). Texte et image l'expriment avec force. (blessé comme un animal... ni pour l'un, ni pour l'autre, ce n'est supportable)

bergamotte 13/03/2014 15:59



"signe d'une douleur trop vive" "blessé comme un animal"...Merci de tes mots sur ces maux exprimés à la racine du quotidien.Ton avis est clairvoyant et me touche! Merci!



Dalva 09/03/2014 09:09


Elle est terrible cette photo. J'ai envie d'en détourner mon regard. C'est dire sa force.


Un très beau texte en est sorti.


 

bergamotte 13/03/2014 16:01



Ce photographe est un voleur d'âmes...Tous ses portraits te montrent ce que nous ne voulons pas voir...On se sent indigne de notre regard qui se baisse!!! merci de ta remarque!



louv' 08/03/2014 14:00


Ce cri assourdissant me fait mal. Il retentit en moi comme un hurlement oublié, mais qui revient, parfois...


Très beau texte, Bergamote.

bergamotte 13/03/2014 16:00



Merci Louv'... j'étais sourde et tu me laisses muette ...



Jonas D. 08/03/2014 10:42


J'oubliais... La photo... Formidable (au sens premier du terme).


Jonas

bergamotte 13/03/2014 16:02



"tu étais formidable et j'étais fort minable!!!!" ah! Jonas...que dire...tu m'inspire ;o)Merci



Jonas D. 08/03/2014 10:41


Texte surperbe, d'une violence émotionnelle sans conteste. Voilà un message véu de l'intérieur et qui nous colle au mur face à l'exclusion, ce fléau qui nous éloigne les unes des unes, les unes
des uns, les uns des uns. C'est là nos guerres modernes. Merci pour cet excellent message Bergamotte.


Jonas

bergamotte 13/03/2014 16:06



Comment rester sourde face à ton appréciation? Sourde c'est aussi l'auto-exclusion, le constat amère que tu fais quand tu te rends compte que tu n'as plus envie de faire partie de la meute, que
tu te mets en sourdine toi même pour mieux t'éloigner et te protèger des autres, les parfaits, les si biens à qui tu n'aurais de toutes façons rien à apprendre...On ne pense que trop rarement à
ce vers quoi mènne l'exclusion cet autre côté si pur dans le dénuement...



Yosha 07/03/2014 23:14


Ce texte est comme un cri. De douleur, de colère... Qui me parle et me touche énormément.

bergamotte 13/03/2014 16:07



Sans doute parceque c'est un véritable cri...muet, au milieu du bruit et de la fureur...Merci d'être touchée...moi j'en suis toute émue!



Esclarmonde 07/03/2014 22:30


Un autisme d'autant plus terrible qu'il est choisi mais je sens que cette personnne ne peut plus rien supporter, trop plein de douleur et de souffrance qui a du engendrer une sensibilité
extrême... Bises et belle fin de semaine

bergamotte 13/03/2014 16:14



Un prof a dit de moi que j'étais un être sans peau, qui vivait toutes les choses comme une plaie sans pansement...un autisme, trop plein de douleur et de souffrance...je ne pensais pas qu'en
écrivant je donnerai corps à toutes ces pathologies!!! Bises!!!



Anne-Marie 07/03/2014 11:33


Terrible... ( et terriblement bien écrit!) Comme il est tentant, parfois de devenir sourd, hermétique à ce qui vient de l'extérieur pour se recroqueviller à l'intérieur, à l'abri d'une passivité
choisie....Un texte que j'aurais aimé écrire tant il me parle,tant je "l'entends"

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